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Cas clinique : plus de peur que de mal !

Dr Hervé Zakarian (Rhumatologue, Saint-Raphaël)

Dossier médical

Mme M. Kr., 36 ans, a arrêté le sport pendant plusieurs années. Elle reprend avec un ami triathlète une activité axée essentiellement sur la course, mais, comme cela est souvent le cas, cette reprise se fait de façon peu structurée et anarchique. À l’occasion d’un jogging, d’une durée excessive pour une reprise sportive, et mal chaussée, elle se plaint d’une douleur de la cheville droite persistant à la marche et qui l’amène à consulter. Son médecin traitant demande une radio peu contributive et lui prescrit des AINS sans réel succès ce qui l’incite à solliciter un avis spécialisé concluant à l’existence d’une ténosynovite du jambier antérieur. Elle bénéficie, sous contrôle échographique, d’une infiltration de dérivé cortisoné après désinfection cutanée habituelle en 3 temps et après avoir éliminé les contre-indications locales et générales classiques. Quelques jours plus tard, affolée, elle contacte son médecin qui, lui aussi très inquiet, l’adresse en urgence au médecin du sport qui a réalisé l’infiltration en évoquant une infection locale iatrogène. Elle présente, en effet, une vive réaction cutanée faisant suspecter une atteinte infectieuse. À l’examen, elle présente une phlyctène accompagnant une nette réaction inflammatoire loco-régionale de la face interne de la cheville un peu à distance du point d’injection.
Apyrétique, un peu fatiguée et inquiète, elle est très revendicatrice envers le praticien qui a réalisé l’infiltration. Cliniquement, il s’agit a priori d’une réaction essentiellement cutanée, sans adénopathie périphérique ni atteinte articulaire évidente.
Le bilan biologique réalisé en urgence est normal sans élément inflammatoire ou infectieux. Passé les premiers instants d’angoisse face à une suspicion d’atteinte septique iatrogène, le praticien tente de la rassurer au mieux, mais n’a pas d’explication réelle à lui donner en dehors d’une probable réaction cutanée peut-être allergique comme cela est parfois rapporté dans la littérature.
Cependant, dans la discussion qui s’ensuit, la patiente explique que dès son retour à domicile le jour de l’infiltration et sur les conseils de son frère élève ostéopathe, elle a placé de la glace sur sa cheville à plusieurs reprises, pendant un long moment et sans aucune protection cutanée.
Il s’agissait donc tout simplement d’une brûlure secondaire aux conditions d’application de glace sur la zone douloureuse !
La lésion cutanée a régressé en quelques jours et la patiente a pu reprendre une activité physique plus raisonnée.
Cependant, ce cas clinique pratique amène quelques réflexions…

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