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Congrès Médecine & Tennis 2017 – Prescription de l’activité physique et sportive chez le patient polyvasculaire par le médecin traitant

Pr François Carré (hôpital Pontchaillou, Rennes)

L’activité physique et sportive (APS) a des effets préventifs et curatifs sanitaires variés, reconnus et expliqués. Elle est ainsi validée, au même titre qu‘une alimentation équilibrée, depuis 2011 par la Haute Autorité de Santé (HAS) comme une thérapeutique médicamenteuse.

Cette APS a été à l’honneur en 2016 et 2017 sur le plan légal. D’une part, dans la nouvelle loi sur la santé qui recommande sa prescription, comme toutes les sociétés savantes, par le médecin traitant dans les affections de longue durée et, d’autre part, avec le nouveau certificat d’absence de contre-indication (CACI) à la pratique sportive. Le médecin traitant (MT) a un rôle, illustré ici par deux cas cliniques, majeur dans ces deux nouveautés.

 

Cas clinique n° 1

Une patiente, 63 ans, diabétique de type 2 et mal équilibrée par son traitement médicamenteux, a du mal à respecter les règles hygiénodiététiques recommandées. Elle n’est pas opposée à la pratique de l’AP adaptée encadrée (plus efficace que l’AP en totale autonomie) qui lui est proposée. Le MT doit pour sa prescription évaluer les limites fonctionnelles, locomotrices (neuromusculaires, ostéoarticulaires, marche), cérébrales et douloureuses de cette patiente pour préciser la qualité d’encadrant (kinésithérapeute, enseignant en AP adaptée, éducateur sportif, diplômé fédéral ou professionnel) et pour orienter le type de réentraînement individuel. Un interrogatoire précis et un bon examen physique, complétés si besoin par des examens complémentaires comme une épreuve d’effort, permettent de préciser les limites fonctionnelles. La limitation modérée de cette patiente va lui permettre d’être encadrée par un enseignant en AP adaptée qui tiendra le MT au courant de son évolution. Celui-ci n’oubliera pas les conseils spécifiques sur la diminution du traitement avant les séances, la nécessité de surveiller les glycémies avant et après celles-ci et le respect d’un bon chaussage.

Cas clinique n° 2

Un homme de 43 ans, hypertendu, dyslipidémique et tabagique, consulte, car il veut reprendre le vélo en club avec des amis. Il a besoin d’un CACI. Celui-ci, valable 1 an, devra être renouvelé tous les 3 ans. Dans l’intervalle, le sujet remplira un questionnaire avec neuf questions.

Arrêté du 20 avril 2017
Questionnaire de santé exigé pour le renouvellement de la licence sportive

Une seule réponse positive imposera une nouvelle visite médicale. Bien sûr, le résultat de la première visite peut, si nécessaire, imposer un calendrier de visites plus serré. Chez ce patient, la question de l’épreuve d’effort (EE) se pose. Il faut se rappeler et rappeler au sportif que l’EE n’est pas une assurance tous risques conte les accidents cardiovasculaires. Tout symptôme anormal, même en cas d’EE “normale”, impose un nouvel avis médical. L’indication de l’EE repose sur le niveau d’entraînement, le risque cardiovasculaire et le type d’APS souhaité du demandeur (légère, modérée, intense). En bref, l’EE paraît recommandée en cas de symptôme, de cardiopathie (HTA comprise), de plus d’un facteur de risque cardiovasculaire, de reprise d’un sport intense après 35 ans (hommes) ou 45 ans (femmes), de sport intense ou de compétition à partir de 60 ans. Dans le cas présenté, l’EE est justifiée. Quel que soit son résultat, la reprise du sport devra être progressive sur 8 semaines.