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Congrès Médecine et tennis 2018 – Certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique du sport : quel bilan pour les patients à risque cardiovasculaire ?

Pr François Carré (Hôpital Pontchaillou, Rennes)

Pratique sportive et risque cardiovasculaire

La pratique d’une activité physique et sportive, même quand il y a un risque cardiovasculaire élevé, ne doit pas être interdite systématiquement. Compte tenu des bénéfices de ce type d’activité pour la santé et en particulier sur les facteurs de risque cardiovasculaire principaux (hypertension artérielle, troubles du métabolisme glucidique ou lipidique), sa pratique est recommandée et doit toujours être encouragée.

 

Le certificat médical d’absence de contre-indication

Le bilan pour un certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique sportive pour un patient à risque cardiovasculaire doit au moins contenir les mêmes examens que ce qui est recommandé pour tous les autres demandeurs  de ce certificat :

  • Un interrogatoire bien réalisé qui recherche les symptômes, les traitements, les antécédents familiaux (maladies cardiaques, mort subite avant 50 ans chez un proche parent) et personnels (cardiovasculaires et autres problèmes de santé particuliers).
  • Un examen physique classique.
  • Un électrocardiogramme de repos particulièrement justifié en cas de risque cardiovasculaire.

 

Quand doit-on faire une épreuve deffort ?

La réponse à cette question est plus complexe. En effet, il était d’usage de réaliser systématiquement une épreuve d’effort en particulier après 40 ans. Pourtant les dernières études à notre disposition montrent que cet examen présente des limites. En effet, il permet avant tout de déterminer les qualités de réponses du patient à l’effort et lors de sa récupération (fréquence cardiaque, pression artérielle…) et sa capacité physique du patient qui est un très bon reflet de son état de santé général.

L’épreuve d’effort peut aussi potentiellement déterminer une maladie coronaire et des troubles du rythme cardiaques.

Pour la maladie coronaire, l’épreuve d’effort ne peut détecter que les plaques d’athérome quantitativement importantes qui diminuent beaucoup la lumière du vaisseau et donc thermodynamiquement significatives. Mais cet examen détecte très mal les petites plaques qui peuvent pourtant se rompre à l’effort et être responsables d’un syndrome coronarien aigu(infarctus du myocarde). En bref, elle détecte bien le risque d’angine de poitrine d’effort, mais pas celui d’infarctus.

Donc avant de prescrire une épreuve d’effort au patient demandeur de pratiquer un sport, il faut cibler son indication, en fonction :

  • des antécédents et pathologies cardiovasculaires,
  • de la présence de symptômes,
  • de son passé sportif,
  • du type de sport qu’il désire pratiquer (notamment en termes d’intensité)

En bref, plus le risque cardiovasculaire est élevé, moins le sujet est entraîné et plus le sport souhaité est intense plus l’épreuve d’effort est indiquée.

 

Éducation thérapeutique

La consultation d’absence de contre-indication doit permettre également de rappeler au patient que, même si l’épreuve d’effort n’a pas montré d’anomalie, la reprise du sport doittoujours être progressive pendant 6 à 8 semaines (pas de compétition ou de sport intense avant 2 mois). De même, tout sportif doit consulter au moindre symptôme, même si une épreuved’effort récente n’a rien mis en évidence. Les autres règles de bonne pratique du sport intense du club des cardiologues du sport (clubcardiosport.com) doivent être rappelées.

Épreuve deffort – Les recommandations de la Sociétéfrançaise de cardiologie

Récemment la Société française de cardiologie a proposé de nouvelles recommandations dans le cadre de la pratique du sport :

Épreuve deffort systématique pour une pratique sportive d’intensité modérée à élevée si :

  • présence de symptômes,
  • et/ou de maladie cardiaque (dont lhypertension artérielle),

Si le sujet est sportif :

  • risque cardiovasculaire élevé ou très élevé (calculé en fonction des différents facteurs de risque ex. : tabagisme, diabète, …) et pratique sportive intense.

En l’absence de passé sportif :

  • risque cardiovasculaire modéré (au moins deux facteurs de risqueex. : âge > 55 ans+ tabagisme) et pratique sportive au moins modérée.