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Congrès Médecine & Tennis – Le golf : cap sur Rio

Dr Jacques Parier (Médecine physique et réadaptation, Paris) - Congrès Médecine & Tennis (21 et 22 mai 2016)

Le golf sera cette année sport olympique. C’est l’occasion de mieux connaître ce sport pratiqué par 61 millions de joueurs dans le monde, sur 32 000 parcours, dont le mythique golf de Saint Andrews en Écosse.

Les pathologies des joueurs sont différentes selon qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, d’un professionnel ou d’un amateur.
• Les joueurs professionnels souffrent en priorité du rachis lombaire, du poignet gauche et de l’épaule gauche chez les droitiers.
• Les joueuses professionnelles sont par ordre de fréquence touchées au poignet gauche, au rachis lombaire et à la main gauche pour les droitières.
• Chez les amateurs, on retrouve des atteintes au niveau du rachis, du poignet et du coude gauche.

L’étude épidémiologique la plus complète actuellement disponible est celle de Mac Hardy en 2007 chez les joueurs australiens amateurs.

Dans cette étude, l’incidence des blessures recensée est de 15,8 pour 100 joueurs.
• Rachis lombaire : 18,3 %.
• Coude/avant-bras/poignet : 17,2 %.
• Épaule : 11,8 %.
• Cheville/pied : 12,9 %.

La modification du matériel semble majorer significativement le risque de blessure au poignet.

Chez les amateurs, le rachis lombaire représente, selon les séries, entre 24 et 34 % des blessures. Il s’agit de la première cause d’arrêt des carrières professionnelles chez les hommes, principalement due à une surutilisation.

Le “Crunch facteur” est une caractéristique des swings des joueurs de haut niveau :
• à l’impact ;
• pendant le follow through.
Il traduit une combinaison d’une inclinaison latérale du rachis lombaire et d’une vitesse élevée de rotation du pelvis.

Les amateurs sont également atteints davantage du fait de défauts techniques : position incorrecte à l’adresse, sway, finish en hyperlordose ou clubs inadaptés. Le golf peut faciliter la décompensation d’une pathologie lombaire préexistante.
Les douleurs sont le plus souvent situées à droite chez les droitiers. Le disque et les articulaires postérieures sont en première ligne.

Le geste technique du golfeur est le swing. Il met en jeu 13 articulations, 69 muscles pour projeter la balle avec le club. Le golf est une forme de lancer dont la cage thoracique est le bras de levier.

Une étude, déjà ancienne, montrait que durant la saison 1990, les douleurs des joueurs de PGA tour se situaient pour 58 % au niveau du thorax !

Les fractures de fatigue sont relativement fréquentes chez les amateurs, elles se situent le plus souvent au niveau des 4e ou 6e côtes droites chez les droitiers, du fait des microtraumatismes répétés par mise en contrainte de la ou les côtes au moment du back swing. On retrouve également des atteintes des cartilages chondrocostaux.

Les professionnels sont davantage touchés à gauche au niveau des côtes basses. On implique alors les tractions musculaires, surtout chez les joueurs qui restent à gauche à la montée. Les fractures du sternum sont l’apanage des joueurs professionnels.

Les arthropathies costo-vertébrales sont révélées par des douleurs postérieures. Elles se produisent soit au top back swing soit au finish en rotation maximale du tronc.

L’épaule participe aux pathologies du golfeur amateur.

Le golf révèle la pathologie, mais n’en est pas la cause. On retrouve une souffrance de la coiffe des rotateurs, surtout à gauche chez les droitiers.

Chez les joueuses professionnelles, on note des arthropathies acromio-claviculaires gauches chez les droitières.

La montée du club reproduit le Cross Arm Test avec mises en compression répétées, favorisée par l’instabilité gléno-humérale micro traumatique.

Au niveau du coude, on retrouve les classiques épicondylites médiales (golf elbow) et latérales.
Les technopathies sont régulièrement impliquées : clubs inadaptés, practice sur tapis, grip…
Le poignet et la main représentent 13 à 20 % des blessures chez les amateurs et 20 à 27 % des blessures chez les professionnels. Les lésions tendineuses sont variées : De Quervain, souffrance de l’ECU. Les lésions osseuses sont principalement : œdème osseux, fracture de fatigue et carpe bossu.

Remerciements au Dr Olivier Rouillon,
médecin de la Fédération française de golf pour ses précieux conseils