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Dossier : Dorsolombalgie du sportif

3 – Les articulaires postérieures et les lombalgies d’origine haute

A – Des conditions anatomiques particulières

Les branches postérieures des nerfs rachidiens peuvent, à partir de la charnière dorsolombaire, entraîner des douleurs au niveau de la partie basse du rachis (Fig. 12).

Figure 12 – Une anatomie particulière (R. Maigne).

Des conditions anatomiques particulières expliquent ce syndrome.

Les nerfs rachidiens D12 et L1 présentent des branches postérieures qui contournent étroitement les articulations interapophysaires postérieures. Leur territoire d’innervation se situe au niveau des plans cutanés du dos, du vertex au coccyx, les muscles intrinsèques du rachis, les articulations postérieures, les ligaments interépineux.

Les articulations interapophysaires postérieures de D12/L1 et L1/L2, sont situées au niveau dorsal avec une orientation frontale qui favorise la rotation et, au niveau lombaire, une orientation sagittale qui contrarie cette rotation. La charnière dorsolombaire est donc essentielle dans la rotation du tronc. Celle-ci est limitée au-dessus par les côtes, et impossible en dessous. Donc, on conçoit qu’il existe une souffrance quotidienne. En revanche, la traduction par des lésions radiologiques est rare. On sait l’importance dans le sport des mouvements de rotation. C’est le cas, bien sûr, au tennis, golf, football, volley, aviron… 

 

B – Un examen clinique précis

L’examen clinique précis, pour rechercher le dérangement intervertébral, repose essentiellement sur le syndrome cellulo-teno-periosto-myalgique métamérique décrit par Maigne. Le palper rouler détecte les cellulalgies. On effectue une palpation directe avec des frictions glissées, verticales, de part et d’autre des épineuses, sur la ligne virtuelle des articulations interapophysaires postérieures. On n’oublie pas la friction du ligament interépineux. La manoeuvre de pression latérale et contrariée sur les épineuses donne également des renseignements intéressants.

L’examen clinique se poursuit par la recherche de cordon myalgique dans le myotome, d’infiltration cellulalgique dans le dermatome et de sensibilité téno-périostée dans le sclérotome. La preuve de cette souffrance de la zone D12/L1 consiste en une infiltration ou une manipulation qui soulage instantanément le patient.

La radiographie indispensable est le plus souvent normale. Elle peut également montrer une discopathie lombaire basse, qui paradoxalement induit en erreur le diagnostic.

Compte tenu des éléments anatomiques, l’expression clinique peut être une lombalgie basse de crête, une fausse douleur de hanche, une pubalgie ou une douleur pseudoviscérale.

Tennis, golf et aviron sont des sports à forte contrainte de la charnière dorso-lombaire.

C – Le traitement

La lombalgie basse de crête est très fréquente avec une souffrance projetée des branches postérieures de la charnière dorso-lombaire, qui est perçue dans la région sacro-iliaque, lombaire basse ou fessière. Elle irradie parfois à la face externe de la cuisse, elle est rarement ressentie en D12 ou L1, le plus souvent elle est unilatérale, chronique, confondue avec une douleur lombo-sacrée. Beaucoup plus rarement, on note une douleur aiguë, avec un rachis raide et douloureux. On retrouve habituellement un point de crête situé entre 8 et 10 cm de la ligne médiane, qui rappelle au patient la douleur ressentie, qui correspond à la perforante du rameau postérieur irrité de la branche D11, D12, L1.

La cellulalgie se situe au niveau de la fesse, lors de la palpation des plans cutanés.

Le traitement manipulatif de la jonction dorso-lombaire s’effectue généralement en rotation. Secondairement, un traitement local des zones de cellulalgie est utile, associé à une rééducation dorso-lombo- abdominale, une correction des gestes sportifs avec prévention des technopathies.

Les douleurs inguinales et les pubalgies peuvent être en rapport avec des branches antérieures et les douleurs de hanche en rapport avec des rameaux perforants latéraux.

Toutes les souffrances de la charnière dorso-lombaire ne sont pas un “syndrome de Maigne” (Fig. 13).

Figure 13 – Toutes les souffrances de la charnière dorso-lombaire ne sont pas un “syndrome de Maigne” (ci-contre : hernie discale).