Dossier : L'examen clinique de l'épaule du sportif

4. Evaluation neurologique

On retrouve chez le sportif des pathologies micro-traumatiques liées à des mouvements répétitifs.

L’examen clinique de l’épaule ne peut s’affranchir d’une évaluation neurologique, même sommaire. En effet, on retrouve chez le sportif, notamment chez le tennisman ou le volleyeur, des pathologies micro-traumatiques liées à des mouvements répétitifs entraînant des étirements au niveau des nerfs.

Les nerfs les plus souvent atteints sont le nerf long thoracique (nerf de Charles Bell) innervant le muscle serratus anterior (grand dentelé) et le nerf supra-scapularis (nerf susscapulaire) innervant les muscles supraspinatus et infraspinatus.

• L’atteinte du nerf long thoracique :

la douleur est plutôt postérieure avec impotence fonctionnelle plus ou moins importante, parfois aucune plainte de la part du patient ;
signe pathognomonique : décollement de la scapula du grill costal = scapula alata : soit spontanément à l’inspection, soit en appui main contre le mur, formes frustres : n’est visible qu’à la fatigue musculaire ; faire alors pratiquer des pompes contre le mur puis réexaminer.

• L’atteinte du nerf supra-scapularis :

paresthésies dans le territoire de l’infraspinatus ou gêne mal systématisée par le patient,
diminution de la force musculaire en rotation latérale (cf infra),
selon le niveau de la compression : atteinte du supraspinatus, de l’infraspinatus ou des deux,
à un stade tardif : atrophie musculaire des fosses supra et/ou infra- épineuses (plus facilement identifiée au niveau de la fosse infra-épineuse).

L’évaluation neurologique doit également comporter une recherche des réflexes ostéo-tendineux recherchant une atteinte radiculaire, des atteintes de ces racines pouvant s’exprimer par des douleurs dans la région de l’épaule :

– réflexe bicipital : racine C5,
– réflexe stylo-radial : racine C6,
– réflexe tricipital : racine C7,
– réflexe stylo-ulnaire : racine C8-T1.

Selon l’orientation diagnostique, on recherche une atteinte du plexus brachial par la manoeuvre d’Elvey :

– le patient est en décubitus dorsal,
– on porte le bras en abduction à 90° associée à une rotation latérale, coude fléchi et avant-bras en supination,
– on réalise alors une extension progressive du coude, dans cette position, déclenchant, en cas de lésion, des paresthésies et des douleurs radiculaires irradiant de l’épaule au coude.

De manière générale, devant toute atrophie musculaire et/ou diminution de la force musculaire voire une paralysie, il faut savoir évoquer une origine neurologique.