Accueil / Dossiers / Pathologie rachidienne / Spondylolisthésis chez le sportif

Dossier : Pathologie rachidienne

Spondylolisthésis chez le sportif

Il convient de distinguer plusieurs populations en fonction de la période pubertaire. En effet, en période de croissance pubertaire une spondylolyse évolue fréquemment vers le spondylolisthésis avec habituellement glissement de la vertèbre L5 sur S1, et parfois instabilité douloureuse. Le médecin se trouve devant une alternative : soit arrêt des activités sportives, soit poursuite de cette activité sportive sous la protection d’une orthèse.

Conduite à tenir en fonction de l’âge

Avant le début de la croissance pubertaire, 11 ans chez les filles et 13 ans chez les garçons, l’indication du traitement orthopédique par orthèse repose sur deux facteurs :

  • l’angle lombo-sacré qui doit rester supérieur à 110° (Fig. 8) ;
  • l’existence de douleurs à l’effort, signant l’instabilité de la vertèbre atteinte.

En période de croissance pubertaire, le risque évolutif du glissement est majeur. Deux stratégies sont possibles : soit l’arrêt du sport, soit la poursuite du sport avec protection systématique par orthèse deux heures après la pratique du sport et la nuit.
Cette seconde option permet le maintien d’une musculature qui est un élément fondamental de la stabilité à l’âge adulte. Tous les enfants traités selon ce protocole ont pu poursuivre le sport et nous n’avons pas constaté d’aggravation du spondylolisthésis.
Chez le grand adolescent ou à l’âge adulte, il est recommandé :

  • un traitement par rééducation pour maintien d’une musculature de protection ;
  • le port d’une orthèse après les activités sportives intenses ;
  • une contre-indication sportive des sports de contact, des sports de saut, des sports à risque de chute en cas d’atteinte neurologique.

Figure 8 – Angle lombo-sacré supérieur à 110°.

Contre-indication professionnelle

L’existence d’une spondylolyse contre-indique certaines professions qui sont répertoriées dans les tableaux 98 et 99 des maladies professionnelles, notamment le professorat d’éducation physique, et des métiers à risque, comme infirmières.
Lorsque cela est possible, nous conseillons un métier en position assise. Il s’agit d’un problème médico-social important car la spondylolyse sans instabilité avec une musculature conservée présente peu de risque réel, en particulier si le traitement rééducatif ou orthopédique est observé. En tout état de cause, il vaut mieux aborder la recherche d’un emploi avec une bonne musculature que d’interdire toute pratique sportive.

Bénéfices physiques et psychologiques de l’activité sportive

La spondylolyse est extrêmement fréquente chez les sportifs de haut niveau, comme les trapézistes par exemple. Le maintien d’une musculature antérieure et postérieure d’une excellente qualité permet de protéger du risque d’instabilité.
C’est l’arrêt de l’activité physique qui entraîne un handicap psychique et physique et non l’inverse. Le rôle du médecin est d’aider l’adolescent et de s’adapter à la pratique du sport.

Les risques de déstabilisation chez le sportif

Les risques de déstabilisation du rachis sont minimes pendant la pratique du sport, du fait de la stabilité active de la musculature. Certains sports très contraignants pour le rachis peuvent être réalisés avec une orthèse de maintien. C’est le cas de l’équitation, du ski, du tennis ou du golf. En effet, l’évolution des technologies ortho-prothétique permet d’avoir des orthèses en polyéthylène de 3 mm qui rendent la pratique de nombreux sports sans risque. Il est toutefois conseillé d’éviter les sport de sauts de plus de 50 cm, c’est-à-dire sauts en hauteur et en longueur, ainsi que le tremplin à ski, par exemple.

Quelle pratique sportive chez l’enfant ?

La pratique de tous les sports est possible. Lorsqu’il existe une hyperlordose, on modifiera le geste technique avec, par exemple, course en cycle postérieur (le tronc légèrement penché en avant) et en évitant les ponts arrière en gymnastique. Lorsque la morphostatique est normale, sans hyperlordose, la course sera autorisée en cycle antérieur.
Tous les sports en extension (basket, volley-ball) qui favorisent la trophicité musculaire et l’équilibre proprioceptif du rachis sont donc favorables.