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Dossier : L'examen clinique de l'épaule du sportif

5. Evaluation des mobilités

L’examen commence par l’étude des mobilités passives. L’épaule est une énarthrose à 6 degrés de liberté. On étudie donc les différents mouvements suivants :

• abduction = 180° ;
• adduction = 45° ;
• antépulsion (flexion) = 180° ;
• rétropulsion (extension) = 40° ;
• rotation médiale (rotation interne) = 95° ;
• rotation latérale (rotation externe) = 85°.

Au-delà de 90° d’abduction on note une sonnette scapulaire (tilting de la scapula) qui met en jeu “l’articulation“ scapulo-thoracique. On mesure la rotation médiale main du patient dans le dos, pouce en extension, en évaluant la distance entre le pouce et l’apophyse épineuse de la 7e vertèbre thoracique (Fig. 14).

Figure 14 – Examen de l’amplitude articulaire en rotation médiale.

Chez le sportif, notamment le tennisman ou dans les sports de lancers, il n’est pas rare de rencontrer une diminution de la rotation médiale passive et active du côté dominant liée à une rétraction capsulaire postérieure.

Il existe plusieurs manières d’évaluer la rotation latérale : • rotation latérale coude au corps = RE1 (Fig. 15),

Figure 15 – Rotation latérale : RE1.

• rotation latérale avec bras à 90° d’abduction = RE2 (Fig. 16),

Figure 16 – Rotation latérale : RE2.

• rotation latérale avec 90° d’antépulsion = RE3 (Fig. 17).

Figure 17 – Rotation latérale : RE3.

La rotation latérale passive peut être augmentée dans les ruptures du tendon du subscapularis.
A ce stade de l’examen lorsqu’il est objectivé une diminution des amplitudes articulaires passives pour l’ensemble des mobilités, on évoque le diagnostic de capsulite rétractile et l’examen doit s’arrêter, la souplesse de l’épaule étant un prérequis indispensable à la poursuite de l’examen. Ce diagnostic impose un traitement d’emblée au moins par de la rééducation dans un premier temps puis une réévaluation à distance.
Le patient réalise ensuite les différents mouvements de manière active. Le plus intéressant est de se placer dans le dos du patient. Pour chaque mouvement il faut évaluer l’existence d’une zone douloureuse que l’on notera en degré d’amplitude douloureuse et constituant l’arc douloureux ou “painful arc sign“.

Par ailleurs, on observe le rythme scapulo-huméral à l’abduction pour objectiver des mécanismes de compensation lors de déficit de la coiffe des rotateurs. L’abduction met en jeu le trapèze, le deltoïde, le serratus anterior et le supraspinatus. Si le trapèze est déficitaire, il apparaît une augmentation de la distance entre les apophyses épineuses et le bord médial de la scapula. Si le serratus anterior est lésé, on observe un soulèvement de la scapula associé à un glissement vers les apophyses épineuses (scapula alata).

On teste ensuite de manière analytique chacun des tendons des muscles de la coiffe des rotateurs.