Dossier : L'examen clinique de l'épaule du sportif

1. L’interrogatoire

C’est l’étape incontournable de l’examen. Un interrogatoire précis permet d’obtenir des informations orientant l’examen physique.

Il comporte plusieurs éléments à rechercher :

• Le terrain :

– l’âge,

– le côté dominant,

– le sexe,

– les antécédents généraux,

– les antécédents traumatiques de l’épaule : identifier les prises en charge déjà entreprises et leurs effets (AINS, antalgiques, infiltration, repos…) ;

L’anamnèse :

– les circonstances d’apparition,

– le traumatisme déclenchant identifié,

– préciser le type de plainte fonctionnelle (douleur le plus souvent, parfois simple gêne, sensation d’instabilité, impotence fonctionnelle partielle ou totale, déformation), – le traumatisme : mécanisme précis +++, choc direct (sur le moignon de l’épaule) ou indirect (sur la main ou le coude), cinétique et inertie du choc, avec ou sans implication d’un autre joueur (notamment sports collectifs ou de combat avec poids du corps d’un autre sportif impliqué dans le traumatisme par exemple) ;

• Le sport pratiqué :

– type de sport, technopathie liée à l’activité pratiquée,

– niveau de pratique,

– période de la saison,

– dates des prochaines échéances ;

• Les caractéristiques de la douleur :

– quasi constante,

– préciser son début,

– délai d’installation et évolution spontanée ou sous antalgiques,

– horaire de la douleur (mécanique, inflammatoire ou mixte), caractère diurne ou nocturne, – réveils nocturnes lorsque le patient est couché sur l’épaule douloureuse,

– identifié les mouvements douloureux,

– type et siège exact de la douleur : le plus souvent région deltoïdienne antérolatérale irradiant dans le bras, parfois supérieure dans les pathologies de l’articulation acromioclaviculaire, rarement postérieure,

– irradiation : trapézalgies, face antérieure du bras…

C’est à ce stade que la notion de médecin de terrain prend tout son sens permettant d’identifier quasi simultanément le mécanisme du traumatisme et ses conséquences immédiates afin de prendre en charge le sportif le plus précocement possible et de la manière la plus adaptée, avec une question centrale : le sportif peut-il ou non reprendre immédiatement l’activité ?