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Dossier : Sports et grossesse

Partie 4 : grossesse, sports interdits et sports déconseillés

A – La plongée sous-marine avec scaphandre autonome

Quels sont les risques de la plongée pendant la grossesse ? La grossesse ne semble pas augmenter les risques d’accidents de décompression chez la femme enceinte. Les risques se situent essentiellement au niveau de la circulation materno-foetale. La possibilité de mort foetale in utero peut survenir, soit à l’occasion d’embolies gazeuses chez le foetus lors d’une remontée trop rapide de la mère qui n’aurait pas respecté les paliers de décompression, soit du fait d’hématome rétro-placentaire du à l’accumulation de bulles. Ce dernier risque est présent dès le début de la grossesse (1, 2, 22).

En cas d’embolie gazeuse chez la mère, le passage en caisson hyperbare reste la seule thérapeutique à proposer (22).

Les sports sous-marins sont classés dans les sports à risque par l’arrêté du 28 avril 2000 fixant la liste des disciplines sportives pour lesquelles un examen médical approfondi est nécessaire. La commission médicale de la Fédération Française d’Etudes et Sports Sous-Marins (FFESSM) a élaboré plusieurs certificats de non contre-indication à la pratique des activités subaquatiques correspondant aux différents niveaux de pratique. Pour chacun de ces certificats, la liste des contre-indications à la plongée en scaphandre autonome est imprimée au verso de l’imprimé standard. La grossesse apparaît à la rubrique «gynécologie : contre-indication temporaire».

En pratique, faut-il envisager une interruption de grossesse chez les femmes qui ont pratiqué les activités sous-marines en méconnaissant leur grossesse ? Cette préconisation semble non justifiée en cas d’absence d’anomalies foetales à l’échographie (2).

B – Grossesse et plongée en apnée

Du fait du blocage respiratoire prolongé et des impacts sur la ventilation et les gaz du sang, la plongée en apnée n’est pas recommandée pendant la grossesse (1). Des malformations chez les foetus dont les mères ont continué à plonger à des profondeurs supérieures à 35 mètres pendant la grossesse ont été rapportées : arthrogrypose, coarctation aortique, hypotrophie (2). La pratique palme-masque-tuba (PMT) est peu abordée par les différents auteurs, mais ne devrait pas justifier de contre-indications si la sportive évite les plongées en apnée répétées ou profondes.

La pratique de la plongée en apnée n’est pas conseillée durant la grossesse.

C – Les sports déconseillés

• Les sports de combat, les sports collectifs (basket-ball, handball, rugby, football), les sports mécaniques, le ski alpin après le troisième mois de grossesse, et le canyoning ne sont pas recommandés en raison des risques de contusion abdominale.

• La gymnastique artistique, l’équitation, le ski alpin, le cyclisme en ville et sur route, le VTT, le patinage et le roller ne sont pas recommandés du fait des risques de chute.

• Le plongeon, le ski nautique, le surf, le kitesurf ne sont pas recommandés du fait des risques de traumatisme abdominal et de pénétration brutale d’eau dans les voies génitales.

• Les sports de montagne, comme le ski de fond ou la marche avec raquettes, doivent être pratiqués après un temps d’adaptation adéquat à l’altitude. Les recommandations internationales précisent que toute activité au-delà de 2 500 mètres d’altitude ne doit être pratiquée que par des sportives expertes et bien adaptées à l’altitude (1, 5, 6).