Dossier : Nouvelle approche thérapeutique des tendinopathies d’Achille

Hypothèses de réflexion

Les hypothèses de réflexion sont les suivantes :

Le tendon est atteint de manière dominante : l’indication des PRP paraît une excellente proposition, car elle permet de renforcer la qualité de cette “corde délaminée”.

L’os est atteint de manière dominante : on peut imaginer qu’en renforçant la puissance de traction du tendon, on puisse potentiellement générer une majoration de la traction sur l’amarrage osseux et, de fait, une augmentation de la douleur d’insertion, mais surtout un risque d’arrachement de l’enthèse. L’attitude pratique au niveau de l’enthèse est donc d’établir une évaluation par l’imagerie en différenciant ce qui revient à une atteinte tendineuse dominante (Fig. 27) de ce qui revient à une atteinte osseuse (Fig. 28).

Figure 27 – IRM de l’enthèse montrant une atteinte tendineuse dominante.

Figure 28 – Ossification de l’enthèse.

Lorsque l’atteinte tendineuse prime sur l’atteinte osseuse, l’injection de PRP est autorisée, mais uniquement sous contrôle échographique.

Reste posé le problème spécifique de la désinsertion partielle profonde. Là aussi, l’imagerie est absolument fondamentale, elle doit être évaluée par IRM et par échographie. Sur la figure 29, on voit parfaitement que le tendon ne tient que par une part minime de sa structure et que le risque de rupture totale est majeur

Figure 29 – Désinsertion profonde du tendon d’Achille.

L’équipe de la Pitié-Salpêtrière considère que ce type d’image suppose une désinsertion du tendon et une réinsertion transcalcanéenne. Il s’agit d’une intervention chirurgicale relativement lourde, mais il est vraisemblable que dans ce type d’images, l’injection de PRP soit dépassée. Néanmoins il y a toujours une exception qui infirme la règle. Regardez cette imagerie du 2 octobre 2013 d’une icône du volley-ball internationale qui présente une douleur brutale en match (Fig. 30, 31) et pour laquelle nous posons une indication chirurgicale, en collaboration avec l’équipe de la Pitié-Salpêtrière

Figure 30 – IRM 2 octobre 2013.

Figure 31 – IRM 2 octobre 2013.

Cette joueuse refuse l’indication chirurgicale et signe une décharge pour l’injection de PRP. Les résultats sont très probants, avec une reprise de l’athlétisation début 2014 et une imagerie tout à fait remarquable et étonnante le 3 février 2014 (Fig. 32, 33). Cette joueuse a gagné le Championnat de France, la Coupe de France, et a été élue meilleure joueuse du Final Four européen.

Figure 32 – IRM 3 février 2014.

Figure 33 – IRM 3 février 2014.

Cette histoire pose la notion de la qualité individuelle du PRP et suppose probablement que le sportif de haut niveau présente une qualité et une concentration en facteurs de croissance qui dépassent les standards observés dans la population générale.