Dossier : Lésions traumatiques de la syndesmose tibio-fibulaire distale

Incidence et épidémiologie

Une incidence sous-estimée

Les lésions de la syndesmose sont peu fréquentes, toutefois, les données de la littérature semblent sous-estimer leur fréquence. On peut néanmoins citer l’étude de Vosseler et al. qui retrouve une incidence de 2,09 lésions de la syndesmose pour 100 000 personnes par an aux États-Unis (12), ce qui représente 6 450 cas par an.

Des conséquences plus sévères

Cependant, les conséquences d’une lésion de la syndesmose comparées à celles d’une entorse classique du plan latéral sont plus sévères en termes de délai de récupération et de retour au sport et, à plus long terme, la morbidité est plus élevée en particulier si le diagnostic initial et donc le traitement adéquat n’ont pas été mis en place (13-16). Ceci est d’autant plus important que ces lésions touchent préférentiellement une population jeune et sportive entre 18 et 34 ans (15). Les atteintes sévères ligamentaires pures de la syndesmose sans fracture peuvent survenir, mais sont rares et nécessitent généralement une prise en charge chirurgicale (17). Les entorses de la syndesmose, plus rares que les entorses du plan latéral, représentent jusqu’à 12 % de toutes les entorses de cheville (18), mais peuvent représenter jusqu’à 25 % des entorses de la cheville dans les sports de contact tels que le football américain (1, 17, 18). Ce type de lésion survient préférentiellement sur un contact direct et a une incidence plus élevée sur terrain synthétique (17). Certaines études rapportent jusqu’à 63 % d’atteinte de la syndesmose en cas de fracture de la cheville (19). Il n’y a pas à notre connaissance d’études dans la littérature distinguant les atteintes aiguës ou chroniques isolées de la syndesmose. Une revue systématique de Lubberts et al. trouvait 143 cas référencés dans la littérature avec une instabilité chronique isolée de la syndesmose et aucune donnée concernant les patients présentant une atteinte chronique sans instabilité (20). Dans l’étude en cours à l’Insep, sur 309 traumatismes de la cheville, l’incidence de l’atteinte de la syndesmose est de 22,3 % (21).