Dossier : Évaluation de l'épaule du sportif

Introduction

Les dynamomètres isocinétiques ont été mis au point par des ingénieurs de la Nasa à la fin des années 1960, début des années 1970. L’objectif était de préparer les astronautes aux conditions d’apesanteur. Il a fallu peu de temps aux médecins américains pour s’intéresser à cet outil et comme souvent quelques années pour que les dynamomètres isocinétiques traversent l’Atlantique. Depuis, que de chemin parcouru. L’avènement des dynamomètres isocinétiques a été, pour moi, le déclencheur de la révolution de nos protocoles de rééducation. En effet, jusqu’à la fin des années 1980, le travail dynamique était proscrit lors de la rééducation. Le travail statique intermittent (TSI), préconisé par le Dr Troisier, était “le mode” de travail musculaire utilisé dans la rééducation de la pathologie de l’appareil locomoteur. Quelle que soit la pathologie, chez des sujets jeunes ou vieux, sportifs ou non sportifs, la prescription de rééducation mentionnait la réalisation d’un travail musculaire statique, le travail isotonique réalisé en pouliethérapie étant jugé iatrogène.

L’amélioration de nos connaissances concernant le travail musculaire et la biomécanique articulaire a permis de développer des protocoles de rééducation dynamique grâce aux publications réalisées par Davies (1) sur l’utilisation des dynamomètres isocinétiques.

L’isocinétisme est ainsi devenu un sujet privilégié des congrès de rééducation et un moyen d’évaluation performant dans le domaine de l’orthopédie, de la traumatologie et de la neurologie. Reste cependant à mieux évaluer l’intérêt de cette technique afin d’obtenir un financement qui permettrait de développer son utilisation.