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Dossier : Le sport c'est la santé !

Introduction : Astrand et Churchill, même combat

« Le sport c’est la santé », « Sportez-vous bien », « Le sport pour tous ! ». Les slogans qui incitent à faire du sport se multiplient ! En face, cigare à la main, il y a… Churchill répondant à une question sur sa longévité, par le célèbre « Le sport… jamais de sport » ? Mais avons-nous tous la même définition du sport ?

Pour le dictionnaire, c’est l’ « ensemble des exercices physiques se présentant sous forme de jeux individuels ou collectifs, pouvant donner lieu à compétition et pratiqués en observant certaines règles ». A cette définition “édulcorée”, ne doit-on pas préférer celle que donnait Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux Olympiques ? « Le sport est le culte volontaire et habituel de l’exercice musculaire intensif, appuyé par le désir de progrès et pouvant aller jusqu’au risque ».

La notion de danger apparaît donc dans la définition. Churchill auraitil raison ? Faut-il éviter toute pratique sportive ? Non, bien sûr, car cette notion de risque, on la retrouve, à l’opposé, encore plus forte, dans la sédentarité. On ne peut résister au plaisir de citer P.O. Astrand, un des “fondateurs” de la médecine du sport moderne qui répondait ainsi à un détracteur prônant la sédentarité comme solution aux risques que fait courir la pratique sportive : « Vous devriez réellement avoir un examen médical complet avant de mener une vie sédentaire devant le poste de télévision, car nous savons, à partir de statistiques médicales, que le mode de vie le plus dangereux est de rester assis immobile et de manger en excès. Vous devez être en parfaite santé pour survivre à ce mode de vie ». Alors sport ou pas sport ? La réponse va dépendre du choix personnel que chacun fait de sa pratique “sportive”.

Pour ceux qui choisissent la compétition et/ou le dépassement d’eux mêmes, le suivi médico-sportif “permettra la performance en préservant la santé”. Ce suivi est basé sur l’évaluation du sportif, sur les plans physiologique, biologique, nutritionnel, psychologique… Il est au mieux assuré par le “staff” du sportif réunissant autour de l’athlète et de son entraîneur, le médecin du sport, le préparateur physique, le kinésithérapeute, le nutritionniste, le psychologue, le podologue… Bien conduit, ce suivi doit assurer au mieux la prévention des traumatismes et/ou du surentraînement, mettre l’athlète dans les meilleures conditions pour l’obtention de la performance et représenter, il faut l’espérer, une alternative au dopage.

Pour tous les autres, il existe entre les 2 extrêmes que sont le sport et la sédentarité, un juste milieu représenté par l’activité physique, celle qui obéit à la règle des trois “R” : Raisonnée, Régulière, Raisonnable et qui apporte des bénéfices sur les différentes fonctions de l’organisme.

C’est ce que développe ce dossier qui apporte des réponses aux 3 questions habituelles concernant les Activités Physiques pour la santé : Pourquoi ? Pour Qui ? Comment ?

Dans une très récente expertise Inserm, dont on trouvera un “résumé” dans ce dossier, l’accent est particulièrement mis sur l’aspect préventif de l’activité physique, la prévention primaire bien sûr, mais aussi la prévention tertiaire! L’activité physique fait aujourd’hui partie intégrante de la prise en charge des pathologies chroniques, y compris celles où la douleur musculaire et la fatigue apparaissent comme les principaux symptômes! Un des meilleurs exemples, abordé ici, en est la fibromyalgie.

Mais, en termes de pratique, se pose le problème de l’accompagnement régulier et en toute sécurité de certains patients ! Une solution “émerge” aujourd’hui, à savoir les réseaux Sport-Santé qui mettent en relation les professionnels de santé qui prescrivent l’exercice et les professionnels du monde sportif qui mettent en pratique sur le terrain !

Bonne lecture et vous serez convaincus ! Oui, me direz-vous… et Churchill ? Un brin provocateur, Winston ! Tout le monde se souvient bien qu’il arpentait chaque jour à pied les rues de Londres pour soutenir le moral des concitoyens soumis aux bombardements, ce qui en faisait, malgré ses dires, un pratiquant assidu de l’activité physique! Quod erat demonstrandum !