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Dossier : Évaluation de l'épaule du sportif

Isocinétisme et évaluation musculaire de l’épaule

L’évaluation musculaire isocinétique permet le suivi du sportif et non sportif, sain ou blessé. La sophistication, grâce à l’outil informatique, des dynamomètres isocinétiques permet d’obtenir un nombre important de données qu’il faut savoir interpréter.

Le protocole d’évaluation

Pour pouvoir être comparées, ces données doivent répondre à des critères d’évaluation. Il faut que :
• l’évaluation soit réalisée sur le même type de dynamomètre. Tout se passe, et cela est critiquable, comme si le kilo ou plutôt le Newton-mètre n’était pas le même chez les différents fabricants ;
• l’évaluation soit réalisée dans les mêmes conditions d’examen, ce qui est vrai pour toute évaluation. Si possible, même horaire, même échauffement, même positionnement de la machine, mêmes amplitudes articulaires, même examinateur. Ce dernier ayant un rôle important lors de l’examen en stimulant oralement le patient.
Il faut tenir compte de la pesanteur. Le poids du segment de membre est mesuré par la machine et intégré dans les résultats par le dynamomètre.

Le positionnement

Au niveau de l’épaule, les possibilités d’évaluation sont nombreuses. L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps humain, le mouvement s’effectuant dans les trois plans de l’espace. De plus, le centre articulaire lors du mouvement se déplace.
Le test peut être réalisé debout, assis ou en décubitus dorsal. Le mouvement peut être réalisé dans le plan frontal ou dans le plan de l’omoplate. L’évaluation des rotateurs peut être réalisée à 45 ou 90° (Fig. 1 et 2).

Figure 1 – Évaluation isocinétique des rotateurs d’épaule en position assise dans le plan de l’omoplate à 45° d’abduction.

Figure 2 – Évaluation des rotateurs d’épaule en décubitus à 90° d’abduction, coude fléchi à 90°.

Les vitesses de tests

Il n’y a pas de consensus sur les vitesses et les modes de test isocinétique. Les dynamomètres nous laissent un choix important.

La courbe force-vitesse

La courbe force-vitesse nous rappelle qu’en concentrique, la force maximale développée diminue avec la vitesse de travail, alors qu’en excentrique, elle augmente pour atteindre assez rapidement un plateau (Fig. 3).

Figure 3 – Courbe force-vitesse.

Évaluation excentrique

L’évaluation excentrique n’est pas préconisée par tous. Chez le sportif, il paraît cependant fondamental de connaître les capacités frénatrices du complexe musculo-tendineux. La vitesse préconisée est basse, 60°/s. Le nombre de répétitions est limité de 3 à 6 en fonction des auteurs.

Évaluation concentrique

En concentrique, 2 ou 3 vitesses de test peuvent être proposées. Il faut au moins une vitesse lente, 60 ou 90°/s et une vitesse rapide 180 ou 240°/s. Certaines équipes ajoutent une vitesse intermédiaire.

Cas de l’épaule

En ce qui concerne l’épaule, les vitesses d’évaluation sont en concentrique, le plus souvent 60 et 180°/s en concentrique et 60°/s en excentrique. De rares auteurs réalisent des évaluations à 300°/s en concentrique.
Le nombre de répétitions varie également, de 3 à 6 pour la vitesse lente, de 9 à 15 pour la vitesse rapide, 6 pour la vitesse intermédiaire.

Les tests de fatigabilité

Enfin, des tests de fatigabilité sont proposés. Le premier consiste à noter la diminution du travail réalisé sur 30 à 50 répétitions à vitesse rapide entre le premier tiers de l’exercice et le dernier tiers.
Le deuxième test mesure le temps ou le nombre de répétitions nécessaires pour obtenir une diminution de 50 % de la force maximale atteinte lors de la première répétition.
Ces tests de fatigabilité nécessitent une participation parfaite du patient qui doit être au maximum de ses capacités du début jusqu’à la fin de l’évaluation.