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Dossier : LA FATIGUE CHEZ LES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU

Plusieurs études aux résultats contradictoires

Plusieurs méthodes d’analyse ont été proposées pour suivre en routine l’évolution de cette fatigue. Parmi celles-ci, la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) permet une évaluation non invasive de l’activité du système nerveux autonome. Elle est présentée comme une méthode prometteuse et potentiellement efficace dans ce suivi (2).

Suite à l’étude de Kuipers et al. (7), plusieurs autres études sont venues préciser les états de fatigue, les modifications de l’équilibre et de l’activité du système nerveux autonome par la mesure de la VFC (8- 15). Il faut cependant noter que les résultats entre ces différentes études sont contradictoires dans leurs interprétations. Par exemple, dans le cas d’un skieur de fond surentraîné, Hedelin et al. (9) montrent que le niveau de performance dégradé est en relation avec une diminution de l’activité de basse fréquence (LF) alors que l’activité de haute fréquence (HF) reste élevée. D’un autre côté, Uusitalo et al. (15) ont montré qu’une situation de surentraînement était associée à une diminution de l’activité de HF chez 9 athlètes féminines suite à une période de 9 semaines d’entraînement intensif. Et Hedelin et al. (8) ne rapportent aucune modification dans l’analyse VFC de 9 canoéistes, après avoir augmenté leur charge d’entraînement de 50 % pendant une période de 6 jours, malgré une baisse du taux maximal de lactates, du temps de maintien de VO2max ainsi que du niveau de VO2max. Il faut noter que ces études ne sont pas toutes réalisées dans les mêmes conditions et ne présentent pas les mêmes durées de suivi et d’analyse, pour un nombre de sujets variant de 1 à 9. Certaines amènent de manière artificielle l’athlète en état de surentraînement alors que d’autres sont inscrites dans le suivi “écologique” du sportif.

Dans nos études, il nous a donc semblé fondamental de pouvoir suivre et analyser un grand nombre de sportifs de haut niveau dans le déroulement normal de leur entraînement (sans mise en situation par une fatigue provoquée artificiellement) en pouvant caractériser de manière objective leur état “normal” de non-fatigue par rapport à leur état de fatigue (16, 17).