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Dossier : LA FATIGUE CHEZ LES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU

Qu’est-ce que la variabilité de fréquence cardiaque (VFC) ?

À l’état stable, la fréquence cardiaque n’est pas fixe, mais elle oscille toujours plus ou moins autour d’une valeur moyenne. Cette variabilité est la conséquence de la modulation du rythme cardiaque par le système nerveux végétatif. Elle est modifiée avec la posture. En position couchée, on observe des oscillations rapides ; la fréquence cardiaque s’élève lors du passage en position debout afin de compenser la diminution de débit et de pression artérielle due à la réduction du retour veineux, puis à l’état stable, on observe de grandes oscillations plus lentes appelées “ondes de Mayer”. L’analyse du rythme cardiaque dans le domaine fréquentiel permet d’objectiver l’activité de ces systèmes.

La bande de haute fréquence (HF) supérieure à 0,15 Hz correspond à la fréquence ventilatoire. Sa disparition sous atropine (18) en fait un témoin de l’activité parasympathique. La bande de basse fréquence (LF) comprise entre 0,05 et 0,15 Hz est liée aux oscillations de la pression artérielle et augmente en orthostatisme. Pomeranz (18) et Akselrod (19), ayant montré sa diminution partielle sous bêtabloquants, il était logique d’en faire un témoin de l’activité orthosympathique, le rapport LF/HF dans les conditions de repos pouvant refléter la balance entre une modulation orthosympathique et parasympathique du rythme cardiaque. Cette bande de fréquence peut avoir une signification infiniment plus complexe en raison de sa modulation partielle par le parasympathique dont témoigne sa diminution sous atropine. En effet, la bande LF est aussi influencée par l’activité parasympathique et est considérée comme résultant des influences vagales dues aux modifications du tonus vasomoteur (souvent sympathique) ou des modulations centrales du tonus sympathique (20). La puissance spectrale de la bande LF a été montrée en relation avec la pression artérielle (18, 19) et l’activité du baroréflexe (21).

L’analyse spectrale du rythme cardiaque peut constituer un témoin indirect de la modulation de l’activité cardiaque par le système nerveux végétatif à condition de rester critique vis-à-vis de ce phénomène complexe.