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Dossier : Dorsolombalgie du sportif

Le diagnostic de lombalgie chez le sportif

A – Définition de la lombalgie commune

La lombalgie commune a une définition étiologique. Elle n’est pas liée à une affection autonome et évolutive, tels une infection, une tumeur, un rhumatisme inflammatoire ou une lésion fracturaire. Elle relève, dans des proportions variables, d’un mécanisme dégénératif intéressant les disques et les articulations vertébrales postérieures, et de mécanismes traumatiques ou micro-traumatiques, correspondant à l’application sur un segment rachidien de contraintes mécaniques excessives ou inadaptées. Des facteurs fonctionnels et psychologiques peuvent aussi intervenir dans son déterminisme. Pour compléter cette définition, un paramètre thérapeutique est nécessaire.

B – Intérêt du démembrement de la lombalgie du sportif

Pour pouvoir traiter une lombalgie chez un sportif, il est essentiel d’effectuer un démembrement le plus précis possible de la lombalgie commune. On peut ainsi appliquer des traitements plus spécifiques, différents du traitement symptomatique de la lombalgie dite banale ou commune. Devant une lombalgie chez un sportif, la recherche du diagnostic lésionnel possible ou probable est essentielle, en essayant d’écarter les diagnostics différentiels. Ce premier temps réalisé, on met en place un traitement symptomatique comme pour tout patient. En cas d’échec, il faudra préciser le diagnostic pour appliquer un traitement plus spécifique et, dans tous les cas chez le sportif, s’acharner à supprimer les causes étiologiques, notamment les technopathies (Fig. 1). La spécificité du traitement symptomatique chez le sportif provient du fait qu’il doit certes être proposé, mais que son utilisation est plus brève, et qu’il doit déboucher rapidement, en cas d’échec, sur un traitement plus électif et donc mieux adapté.

Figure 1 – Conduite à tenir devant une lombalgie.

C – Notions d’unité fonctionnelle et de dérangement intervertébral mineur

Le rappel de quelques notions anatomiques est indispensable pour comprendre la complexité d’un traitement adapté. Il existe une unité fonctionnelle anatomique, composée au niveau de la colonne antérieure de corps vertébraux, d’un disque, avec l’annulus et le nucleus pulposus, d’une colonne postérieure avec les lames, les isthmes, les apophyses articulaires, les apophyses transverses, les épineuses. Les éléments ligamentaires interépineux et sus-épineux relient ces éléments entre eux (Fig. 2). Les masses musculaires situées au niveau des gouttières complètent l’ensemble.

Figure 2 – Notion d’unité anatomique fonctionnelle.

Les masses musculaires situées au niveau des gouttières complètent l’ensemble.

Chaque atteinte ou dysfonctionnement de l’un de ces éléments va retentir sur les autres au sein de l’unité fonctionnelle (Fig. 3).

Robert Maigne a défini la notion de dérangement intervertébral mineur (DIM). Il représente une souffrance “mineure” du segment mobile. Pour l’auteur, la définition n’est pas anatomique mais orientée sur les signes fonctionnels cliniques.

Le groupe Bazas a insisté sur la notion de réversibilité, qui est partie intégrante de la définition du DIM. En réalité, le DIM est une forme clinique débutante qui peut demeurer telle quelle dans son évolution ou évoluer un jour vers une lombalgie classique dont les causes sont multiples mais le plus souvent discales.

Dans l’unité anatomique fonctionnelle, la pathologie discale est la plus fréquente, mais elle est souvent négligée en début d’évolution, surtout chez le sportif où la notion de douleur musculaire est trop souvent évoquée (Fig. 4).

Figure 4 – La pathologie d’origine discale est la plus fréquente mais souvent négligée en début d’évolution.

D – Les diagnostics différentiels

Ils se posent d’emblée même, et surtout, s’il s’agit de sportifs car le praticien est trop souvent orienté vers la pathologie d’effort. 

  • Les lombalgies non rachidiennes d’origine viscérale : digestives, urinaires, pelviennes… 
  • Les lombalgies rachidiennes spécifiques dont la symptomatologie n’est pas nécessairement particulière en début d’évolution.
  • Quelques exemples : le neurinome (Fig. 5) ;

Figure 5 – Exemple d’une lombalgie spécifique : neurinome.

  •  le kyste de Tarlov (Fig. 6) ;

Figure 6 – Exemple d’une lombalgie spécifique : kyste de Tarlov.

  •  l’ostéome ostéoïde (Fig. 7).
  • Figure 7 – Exemple d’une lombalgie spécifique : ostéome ostéoïde.
  •  le rhumatisme axial doit être présent à l’esprit : spondylarthropathie et tout particulièrement la spondylarthrite ankylosante dont le diagnostic initial est difficile car d’aspect mécanique banal chez l’athlète.

E – Comment démembrer les lombalgies à caractère banal chez le sportif ?

Les signes cliniques et fonctionnels orientent vers un diagnostic lésionnel possible ou probable, mais pour appuyer cette impression clinique, l’imagerie précoce est nécessaire. Elle est très performante mais n’a d’intérêt que corrélée aux signes cliniques.