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Dossier : Orthèses ou attelles et médecine du sport

Les différents types d’orthèses

Nous distinguerons dans cet article :

• les orthèses de contention ;

• les orthèses d’immobilisation ;

• les orthèses de stabilisation articulaire ;

• les orthèses préventives et/ou correctrices.

 

Les orthèses de contention

Les effets de la compression

L’action principale est de réaliser un bandage compressif. Cette compression est responsable de 4 effets.

 

Un effet antalgique

Selon la théorie du gate control, la stimulation des récepteurs cutanés permet d’inhiber la perception de la douleur au niveau du système nerveux central. La stimulation nociceptive est “bloquée” par les autres informations sensitives.

 

Un effet thermique

L’augmentation de la température locale participe à l’effet antalgique et peut avoir un effet protecteur musculaire.

 

Un effet anti-œdémateux

La compression d’un segment de membre ou d’une articulation va favoriser la réduction des œdèmes péri-articulaires et du gonflement articulaire. Cette action peut être renforcée par l’existence d’inserts anatomiques péri-articulaires.

 

Un effet neuromoteur

Ce terme est plus approprié que proprioceptif. Plusieurs études ont montré une amélioration de la perception du sens de positionnement articulaire grâce au port d’une orthèse dans les suites d’une lésion ligamentaire.

 

Une augmentation de l’activité musculaire observée

Contrairement à certaines croyances, ces orthèses, qui ne limitent pas la mobilité articulaire, ne favorisent pas la survenue d’une amyotrophie. Au contraire, l’activité musculaire est augmentée, peut-être du fait de l’inhibition de la perception de la douleur ? Ces orthèses peuvent être utilisées en post-traumatique, si l’on choisit le traitement fonctionnel, et en postopératoire afin de lutter contre la douleur et les troubles trophiques. Elles peuvent également être proposées en reprise d’activités professionnelles et sportives.

 

Critères de choix

Il en existe un certain nombre, appelées genouillère, chevillière, coudière…Ces orthèses doivent répondre à un cahier des charges imposé pour être inscrites sur la LPPR. Certains fabricants ont délibérément tourné le dos au remboursement et on retrouve leurs produits en vente libre dans des magasins de sport ou autres. Pour ceux qui répondent au cahier des charges, le choix de la fibre et la qualité du tissage sont très variables, ce qui n’est pas sans influence sur le confort et la durée de vie du produit.

 

Outre la nécessité de valider scientifiquement l’efficacité de ces orthèses, il semble nécessaire d’améliorer notre connaissance des divers produits mis sur le marché.

 

Les orthèses d’immobilisation

Ces orthèses ont pour objectif d’immobiliser totalement ou partiellement un segment de membre. Après le plâtre et les résines “hydrodurcissables”, nous disposons de nombreuses possibilités d’orthèses sur mesure ou d’orthèses de série. Le choix d’un de ces moyens va dépendre de la capacité d’observance de l’immobilisation du patient et du type d’immobilisation souhaité.

 

Quelles indications ?

L’immobilisation peut être complète, ne concerner qu’un axe du mouvement (ex : varus-valgus de cheville) (Fig. 3). Elle peut être incomplète grâce à l’ajout d’articulations réglables permettant la mobilisation articulaire dans un secteur donné (Fig. 4).

L’immobilisation a essentiellement 2 indications :

• la mise au repos d’un segment de membre à visée antalgique. On peut parler d’immobilisation “aspirine”. Celle-ci doit être la plus courte possible (quelques jours) ;

l’immobilisation en vue de la cicatrisation d’une lésion ligamentaire, tendineuse ou osseuse (traitement orthopédique ou après traitement chirurgical).

 

Plus l’orthèse est rigide, plus l’immobilisation sera de qualité. Plus l’articulation est mobile, plus l’immobilisation sera difficile.

 

Le cas particulier de l’épaule

Si l’immobilisation du genou ne pose pas de réel problème technique, ce n’est pas le cas pour l’épaule. L’immobilisation de l’épaule qui est l’articulation la plus mobile du corps humain pose de nombreux problèmes : son confort, sa facilité de mise en place et surtout la position d’immobilisation (Fig. 5 et 6).

Immobiliser le rachis lombaire

De nombreux produits sont également proposés pour réaliser l’immobilisation du rachis lombaire. Les ceintures élastiques de série, renforcées de baleines postérieures et antérieures ont essentiellement un rôle de soutien. Elles permettent une certaine mobilité. Leur rôle est d’augmenter la pression abdominale, de lutter contre l’hyperlordose lombaire et de ce fait, elles permettent une meilleure répartition des pressions dans le disque intervertébral. Si l’on souhaite une meilleure immobilisation ou une meilleure correction de la statique, il faut s’orienter vers des orthèses sur mesure du petit (lombostat en coutil baleiné, Lombolock® en métal-cuir) ou du grand appareillage (corset en plastique ou lombostat en résine).

 

Les orthèses de stabilisation articulaire

Objectifs

L’objectif de ces orthèses est de lutter contre l’instabilité d’origine ligamentaire. C’est un moyen supplémentaire mis à notre disposition. Il existe des orthèses en tissu qui peuvent être renforcées par des baleines, des sangles élastiques ou d’autres inserts dont le rôle mécanique est discutable mais qui peuvent améliorer la stabilité subjective des patients en améliorant le contrôle proprioceptif. Ces orthèses peuvent à terme remplacer le sacro-saint strapping si prisé par nos sportifs.

 

Résultats en cas de rupture du ligament croisé antérieur

La rupture du ligament croisé antérieur (LCA), responsable d’une instabilité rotatoire, pose un problème plus complexe sur le plan mécanique. Le but de compenser l’absence du LCA et de réduire l’instabilité nécessite une adaptation anatomique parfaite, une contention uniforme pendant le mouvement et un confort maximum. Cela impose des contraintes de fabrication importantes.

 

De nombreuses orthèses aux embrasses thermoplastique ou carbone ont vu le jour. Les études de résistance réalisées sur ces orthèses de série ou réalisées sur mesure montrent un faible niveau de protection. Ce niveau est infra-physiologique. Elles peuvent cependant améliorer le fonctionnement articulaire et compenser en partie la laxité articulaire. Kocher notamment a montré qu’après lésion du LCA, le port d’une orthèse de genou réduisait de manière significative le risque de récidive lors de la pratique su ski (2 % avec orthèse contre 13 % sans).

 

L’indication varie selon le sport

L’utilisation de ces orthèses doit tenir compte de la situation clinique mais aussi du sport pratiqué. En effet de nombreuses fédérations interdisent ces orthèses rigides avec articulations métalliques car, dans les sports de contact elles peuvent être source de lésion chez le sportif et son adversaire.

Les orthèses préventives

Les orthèses préventives regroupent un grand nombre de produits qui peuvent être de série ou réalisés sur mesure. Ces orthèses permettent, pour certaines, de corriger une attitude vicieuse ou un trouble morphostatique. D’autres s’appuient sur une hypothèse physiopathologique afin de prévenir la lésion ou de lutter contre sa symptomatologie.

 

Réaliser une orthèse afin de prévenir les lésions tendineuses peut rendre nécessaire de proposer un système antivibratoire, de réaliser une compression localisée à visée antalgique ou de limiter l’étirement du complexe musculo-tendineux. La prescription de ces orthèses dépend plus, aujourd’hui, de la croyance du thérapeute que d’une efficacité prouvée scientifiquement.