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Dossier : Orthèses ou attelles et médecine du sport

Les orthèses du membre supérieur

Point sur les indications

• La revue de littérature réalisée dans le cadre de l’évaluation des orthèses du membre supérieur par la HAS rapporte l’intérêt des orthèses du membre supérieur dans la rhizarthrose et la polyarthrite rhumatoïde.

• Dans l’épicondylite latérale, l’effet antalgique des orthèses n’est pas différent de celui de la physiothérapie et dans la ténosynovite de De Quervain. L’infiltration de corticoïdes reste le traitement de référence.

• En traumatologie, seul le traitement orthopédique du doigt en maillet est validé scientifiquement.

• En postopératoire, aucune étude ne permet d’évaluer l’intérêt des nombreuses orthèses utilisées.

 

Un marché dominé par les orthèses d’immobilisation

Le marché de l’orthèse du membre supérieur est dominé par les orthèses d’immobilisation. De nombreuses orthèses sont mises à notre disposition. S’il est relativement simple d’immobiliser un coude, un poignet ou une main, l’immobilisation de l’épaule pose un certain nombre de problèmes que les fabricants n’ont pas encore complètement résolus.

Le confort de ces orthèses est souvent médiocre. Elles favorisent la survenue de cervicalgies, des douleurs de la main (Fig. 7) qui est souvent mal contenue, une attitude vicieuse de la scapulo-humérale avec ascension du moignon de l’épaule. Elles sont mal tolérées par les femmes et surtout mal adaptées au décubitus (Fig. 6). Il est nécessaire d’utiliser un autre système pour éviter une rétropulsion excessive, source de douleur (Fig. 8).

En postopératoire, l’immobilisation est souvent indispensable et la qualité de celle-ci est un gage de bonne récupération. Se pose également la question du positionnement du membre supérieur après un traumatisme ou une intervention chirurgicale.

 

Deux indications phares

Des études récentes permettent de faire évoluer nos pratiques dans 2 indications, la luxation antéro-interne d’épaule et la chirurgie de la coiffe des rotateurs.

 

Chirurgie de la coiffe des rotateurs

Reilly a observé, sur des cadavres, qu’il se produisait une réduction de tension de 34 N au niveau de la suture tendineuse d’une lésion de la coiffe des rotateurs dans les premiers 30° d’abduction de l’épaule. Il a également montré qu’il se produisait une rupture itérative de la coiffe de pratiquement 1 cm dans les 24 h qui suivaient une réparation tendineuse suivie d’une immobilisation en adduction d’épaule.

 

Le taux, important, de ruptures itératives après réparation d’une rupture de la coiffe des rotateurs rend nécessaire de se donner les meilleures conditions de cicatrisation tendineuse. La réduction des tensions sur la suture du tendon est obtenue à 30° d’abduction.

 

Luxation antéro-interne de l’épaule

Après luxation de la scapulo-humérale, de nombreuses études plaident pour une immobilisation en rotation externe d’épaule. En IRM, il a été montré une meilleure réduction des lésions du labrum, une diminution de l’hémarthrose et de la lésion de Bankart quand l’immobilisation est réalisée en rotation externe de 35°. Des études biomécaniques ont montré que la meilleure coaptation de la scapulo-humérale était obtenue à 45° de rotation externe, quand il n’existe aucune force de contact en rotation interne.

 

Itoï, enfin, dans une étude comparative avec un recul de 15,5 mois, a observé une diminution significative du taux de luxations itératives chez des patients immobilisés à 10° de rotation externe (Fig. 9) comparativement à ceux immobilisés en rotation interne : 0/20 dans le groupe rotation externe, 6/20 dans le groupe immobilisation en rotation interne.

Autres orthèses

En dehors du contexte de l’immobilisation, dont la majorité des produits sont inscrits sur la LPPR, il existe de nombreuses autres orthèses, essentiellement de contention qui, elles, ne sont pas prises en charge par les tutelles.

 

Ces orthèses réalisent une compression plus ou moins localisée (compression articulaire globale ou compression localisée au niveau d’une insertion tendineuse par exemple). L’efficacité de ces orthèses n’est pas prouvée, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont sans intérêt. On ne peut cependant concevoir leur utilisation qu’en complément d’autres moyens thérapeutiques. Elles peuvent également avoir un intérêt en reprise d’activité sportive ou professionnelle. Elles concernent essentiellement le coude et le poignet pour des indications dans la pathologie traumatique, en postopératoire et également dans certaines lésions tendineuses du sportif.