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Dossier : Le syndrome de loge chronique

Localisation rare de syndrome de loge

Il est logique de penser que cette inadéquation contenant-contenu puisse survenir sur n’importe quelle localisation. Nous en rapporterons deux potentielles.

Syndrome de loge de la cuisse

Une recherche bibliographique (19) a été menée dans les bases de données Pub Med, Medline, Ovid et Embase. Les auteurs retrouvent neuf articles correspondant à leurs critères d’inclusion et qui correspondaient à un total de 89 patients, dont 90 % avaient été victimes d’un traumatisme fermé, dont 44 % associés à une fracture du fémur. Autant dire que ces syndromes de loge chronique d’effort sont extrêmement rares.

Nous avons eu trois cas (20).
Le premier, aigu, survient lors d’une rave party. Cette jeune femme, après plusieurs heures de danse, s’endort à même le sol en mauvaise position, puis prend un avion Genève-Nice et à l’arrivée présente une augmentation impressionnante du volume de la cuisse gauche (Fig. 17).

Figure 17 – Syndrome de loge aigu de la cuisse gauche.

La prise de pression en urgence (Fig. 18) dépasse les 100 mmHg et justifie une aponévrectomie compte tenu de la rabdomyolyse et du risque sur la fonction rénale avec une bonne évolution post-opératoire.

Figure 18 – Post prise de pression.

Néanmoins, au diagnostic différentiel, face à toute grosse cuisse côté gauche, il faut évoquer le syndrome de Cockett, en particulier chez les femmes, qui résulte de l’obstruction de la veine iliaque primitive gauche comprimée entre l’artère iliaque primitive et le rachis.
Il s’agit d’une anomalie fréquente dans la population. D’un point de vue anatomopathologique des synéchies vont se former limitant le gros canal veineux (d’en moyenne 16 mm de diamètre) en 4 ou 5 chenaux de petit diamètre entravant la circulation. Le syndrome peut s’exprimer de manière aiguë par une grosse cuisse gauche, comme dans le cas présent, générant par la difficulté du retour veineux une véritable augmentation de la pression intra-musculaire. L’écho-Doppler est essentiel et la phlébographie de profil met en évidence une veine complètement écrasée avec synéchies. Le traitement endovasculaire en ambulatoire dans les centres spécialisés consiste en une angioplastie- stenting à pratiquer en urgence.

Les deux autres cas sont de vrais syndromes de loge chronique chez des athlètes de niveau international avec une forme unilatérale soustendue par une hypoperfusion au thallium 201 (Fig. 19) et une forme bilatérale ayant justifié une aponévrectomie (Fig. 20).

Figure 19 – Scintigraphie au thallium 201 hypoperfusion de la cuisse droite.

Figure 20 – Syndrome de loge bilatéral post-opératoire.

Syndrome de loge de la voûte plantaire

Les publications de la littérature sont rares et nous en avons eu un cas chez une gymnaste, exclusivement lors de la pratique de la poutre (Fig. 21).

Figure 21 – Prise de pression au niveau de la plante du pied d’une gymnaste.

Il s’agissait d’une forme bilatérale avec une claudication associée à un œdème rendant impossible son activité, l’obligeant à arrêter au bout de quelques minutes la pratique de cet agrès. La sémiologie disparaissait au repos et la laissait libre sur les autres appareils. Le diagnostic a été confirmé par une nette élévation des pressions (1). La chirurgie a réalisé une libération du carré plantaire, de l’abducteur du premier rayon et du court fléchisseur de l’hallux et a permis une guérison avec reprise d’un niveau national.