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Dossier : Troubles du comportement alimentaire

Partie 3 : les sports concernés

La majorité des sports sont concernés (4)

La majorité des sports peuvent être concernés en raison des entraînements physiques intensifs et de la pression importante de la part des entraîneurs et des parents.

Tous les sports où la composante du poids est forte peuvent générer des TCA et une anorexia athletica. De multiples facteurs font que le sport en lui-même est à risque de troubles du comportement alimentaire.

Les plus connus

Les TCA sont facilement repérables pour les sports à composante esthétique qui prônent le principe d’archimaigreur et les sports à contrainte de poids bas.

Les sports dits de minceur

Le poids joue un rôle essentiel, voire prépondérant dans la pratique des sports à visée esthétique. Apparence longiligne et minceur sont valorisées et sont quasi indispensables à la réussite : comme la danse, la gymnastique artistique et rythmique, le patinage artistique, les sports de glace et la natation synchronisée.

17 à 33 % des danseuses ont eu un passé de troubles du comportement alimentaire surtout fait d’anorexie.

22 % des gymnastes ont des troubles du comportement alimentaire cliniques, 62 % des troubles subcliniques. Si on inclut l’aménorrhée dans la triade de l’anorexia athletica, on note que 22 % des gymnastes ont une aménorrhée contre 1 % pour la population féminine en général.

Byrne, en 2002, note 31 % de TCA chez ces athlètes chez lesquels la minceur est quasiment obsessionnelle comparé aux 5 % du groupe contrôle.

Les sports à contrainte de poids bas

Dans les sports à catégorie de poids, le sportif doit correspondre à la catégorie inférieure pour être le plus performant, ce qui présuppose la pratique d’un régime drastique amaigrissant peu avant la compétition avec, bien entendu, une reprise rapide dès la compétition terminée. C’est le cas par exemple de la lutte, de la lutte gréco-romaine, du judo…

Les moins connus

Peu de personnes se doutent que les sports qui font intervenir la légèreté et la puissance pour gagner sont à risque alors qu’ils peuvent être fortement influencés par l’obtention d’un poids léger. Ces sportifs qui recherchent un rapport poids/performance optimal ont plus de troubles du comportement alimentaire avec restriction, voire d’anorexie.

Les sports qui nécessitent des qualités antigravitationnelles techniques

Il s’agit du saut à ski, du ski alpin (descendeurs), du saut en hauteur, du saut en longueur ou encore de l’escalade. 22 % des athlètes masculins présentent des troubles du comportement alimentaire. Ainsi, la Fédération française de Ski s’alarme car actuellement tous les sauteurs sont très légers et ont un indice de masse corporelle faible. En 2008, tous les sauteurs d’un niveau international avaient des détentes sèches d’environ 60 à 70 cm pour des IMC à 18,5 (poids en kg/taille en m2) soit environ 1,84 m pour 63 kg. Ainsi, le contrôle de l’IMC a été installé sur le circuit international pour lutter contre l’anorexie.

Autres sports

Les sports d’endurance (cyclisme, biathlon, course à pied…) sont concernés par les TCA, tout comme les sports de balle (tennis…) en raison de la contrainte d’un déplacement rapide (vis-à-vis de la balle). 14 % des coureurs de fond ont des troubles du comportement alimentaire, 5 % des crises de boulimie. 20 % des femmes triathlètes ont eu des épisodes d’anorexie mentale, 12,5 % de boulimie. 15,4 % des nageuses, 3,6 % des nageurs, 12,2 % des rameurs utilisent des artifices pour contrôler leur poids comme les vomissements répétés, des laxatifs, des diurétiques ou des gélules à visée amaigrissante.

Le sportif amateur

Une marathonienne qui court 2 h seule le week-end pour brûler le maximum de calories est autant à risque de développer des troubles du comportement alimentaire qu’une marathonienne qui s’entraîne 12 h par semaine pour les Jeux olympiques. Il n’est pas rare de voir une pratique intensive des sports en salle associée à une restriction alimentaire.

Le cas particulier des sports valorisant la prise de poids

L’anorexie “inversée”

Certains sportifs cherchent à augmenter leur performance sportive par un gain pondéral surtout musculaire comme le lancer de poids. D’autres sportifs gagnent à faire le poids comme les lutteurs ou les judokas pour les catégories de poids élevées. Ces sportifs présentent plus volontiers de l’hyperphagie alimentaire et des crises de boulimie. 2,8 % des lutteurs ont des crises de boulimie, 36 % des TCA. 15,5 % des haltérophiles ont des troubles du comportement alimentaire sévères, 23,3 % une insatisfaction corporelle.

Un cas très particulier : l’antigras du culturiste

Le culturisme où la traque du gras est un sport en lui-même qui peut être source de développement d’une anorexie. Certains peuvent développer une anorexie “à l’envers” quand un chétif veut jouer à la gonflette.