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Dossier : Troubles du comportement alimentaire

Partie 5 : prise en charge et prévention

Prise en charge

La prise en charge doit être ferme et constructive. La diminution des volumes d’entraînement doit se mettre en place en accord avec le sportif et son encadrement technique. Il n’est pas rare que le sportif ajoute des séances d’entraînement sans en informer son entraîneur. Dans ce cas, il sera opportun de l’évoquer et d’être ferme sur la diminution des charges d’entraînement. En fonction du bilan clinique et biologique, une prise en charge en psychothérapie peut être proposée.

Prévention : tous concernés

Il est essentiel de former les professionnels de santé qui encadrent le sportif (médecins traitants, médecins du sport, médecins nutritionnistes, diététiciens), d’informer les entraîneurs et de sensibiliser les parents. L’anorexie pouvant survenir chez n’importe quel sportif, il est nécessaire d’observer ses comportements alimentaires, de noter la notion de perte de poids, des pensées et des conversations orientées vers le poids, des pesées fréquentes, des prises alimentaires isolées en dehors de la famille, du groupe et des amis. La sortie rapide de table après un repas fait suspecter un vomissement provoqué et des situations de contrôle du poids.

L’utilisation à outrance d’artifices pour perdre du poids comme les régimes restrictifs, l’hyperactivité pour mieux gagner est le meilleur moyen pour altérer la santé, avec amoindrissement des réserves énergétiques, baisse de la capacité à s’entraîner et à participer à des compétitions. L’enjeu sportif est de taille, il permet de motiver le sportif dans la gestion de son alimentation et de son poids avec le soutien de professionnels avertis. Mc Ardle (17) cite Ryan pour définir une stratégie : « Identifier les facteurs pouvant participer aux troubles nutritionnels puis définir les buts propres à l’environnement sportif pour développer les stratégies afin de réduire le nombre de facteurs responsables et créer un modèle d’éducation pour limiter les facteurs impliqués dans les TCA. »

Les incontournables pour une gestion du poids

Il convient de :

• tout d’abord, sensibiliser le sportif en lui faisant bien comprendre qu’une perte de poids excessive débouchera sur l’arrêt sportif du fait de la faiblesse de l’organisme et du haut risque de pathologies traumatiques ;

• faire le point pour aider le sportif à bien différencier dans son poids ce qui revient à la masse grasse, musculaire ou hydrique ;

• le conseiller pour qu’il opte pour un sport dans la catégorie qui correspond le mieux à ses capacités ;

• l’aider à maintenir un poids stable et à éviter les alternances entre périodes de perte de poids et de reprise de poids ;

• pour certains, déconseiller la pesée pour éviter une fixation sur le poids, voire un blocage du poids ;

• éviter de parler du poids en dehors des visites ;

• ne pas évoquer les problèmes de poids devant les autres sportifs ;

• renforcer les succès sportifs sans parler du poids.

Pour les sportifs, la détermination du bon poids se fera non pas au moyen de la balance mais avec des moyens d’évaluation de la masse grasse comme la balance à impédancemétrie, la méthode des plis cutanés ou la méthode à ultrasons. On détermine avec l’athlète un poids de forme et on l’aide à s’y maintenir à ± 1 kg. Une fois le poids de forme déterminé d’un commun accord, il est intéressant de limiter l’obsession du poids sous peine de voir se développer des troubles du comportement alimentaire.