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Dossier : Plongée et activités subaquatiques

Plongée et activités subaquatiques – Technique et matériel

Le plongeur de loisir est équipé d’un scaphandre autonome, appelé en anglais SCUBA (self-contained underwater breathing apparatus) (1) (Fig. 1). Ce matériel lui permet d’évoluer en toute liberté sous la surface de l’eau, grâce au gaz contenu dans une bouteille également appelé bloc et délivré au plongeur par l’intermédiaire d’un détendeur.
Un manomètre permet de contrôler la quantité de gaz disponible tout au long de la plongée. La bouteille est fixée sur un gilet qui peut se gonfler directement à partir de la bouteille (direct system) ou se dégonfler grâce à des purges afin d’adapter la flottabilité en fonction de la profondeur. Le plongeur utilise une protection thermique allant d’une simple combinaison en néoprène jusqu’au vêtement complètement étanche. Une ceinture de lest lui permet de compenser la flottabilité positive liée à son équipement. Un profondimètre et une montre, ou plus couramment un ordinateur de plongée, lui donnent régulièrement les paramètres de sa plongée (durée, profondeur, température de l’eau, consommation de gaz, vitesse de remontée, palier de décompression…).
En cas d’accident, il est possible d’extraire les données de son ordinateur afin de pouvoir analyser les facteurs favorisants.

Figure 1 – Équipement du plongeur.

La plongée de loisir se pratique le plus souvent à l’air comprimé jusqu’à une profondeur de 50 m, voire 60 m en France. Au-delà, il est nécessaire de rajouter un troisième gaz, l’hélium, pour contrôler la narcose à l’azote, limiter le risque de crise convulsive hyperoxique et faciliter la mécanique ventilatoire. Ce mélange est un mélange ternaire dénommé trimix ou nitrhéliox. Il est également possible de remplacer complètement l’azote par l’hélium pour obtenir un mélange binaire oxygène/hélium, appelé héliox. Dans de plus faibles profondeurs, l’utilisation d’un mélange suroxygéné, appelé nitrox, limite les risques liés au dégazage et les effets narcotiques de l’azote. Au palier à 6 m, l’utilisation d’oxygène pur optimise la décompression.

L’utilisation d’appareils à recyclage de gaz ou “recycleurs” permet d’augmenter l’autonomie en gaz, de maintenir une pression partielle élevée en oxygène quelle que soit la profondeur, d’améliorer le confort thermique et de limiter le rejet de bulles à l’extérieur. Le gaz carbonique expiré est fixé par une cartouche de chaux sodée et les gaz consommés compensés par une adjonction. Le mélange gazeux est ainsi ventilé en boucle, recyclé entre 80 et 90 % environ. Ce type de plongée, qui concernait il y a 20 ans un nombre restreint de plongeurs très expérimentés, est en pleine expansion, en particulier en plongée souterraine. Cette activité très spécifique, tout comme la plongée en lac, la plongée en carrière, la plongée en fosse ou la plongée sous glace, doit nous inciter à maintenir un niveau de compétences en médecine de plongée suffisant sur tout le territoire français, y compris en dehors des zones côtières.

La plongée à l’air est répartie en quatre niveaux en fonction des prérogatives de profondeur et d’accès à l’autonomie du plongeur. Le plongeur de niveau 1 évolue en groupe, appelé “palanquée”, de une à quatre plongeurs, pour une exploration encadrée par un guide de palanquée dans la zone de 0 à 20 m. Le plongeur de niveau 2 évolue dans les mêmes conditions que le niveau 1 mais dans une zone allant jusqu’à 40 m. Il est également autorisé à plonger en autonomie avec un ou deux plongeurs dans la zone de 0 à 20 m. Le plongeur de niveau 3 plonge en autonomie jusqu’à 60 m. Le plongeur de niveau 4 peut encadrer en exploration les niveaux 1 et 2. En 2012, le code du sport a redéfini les espaces d’évolution en fonction des gaz utilisés, du niveau de qualification de l’encadrement et des aptitudes du plongeur : jusqu’à 6 m, 12 m, 20 m, 40 m, 60 m, 70 m, 80 m et 120 m. Les aptitudes techniques sont définies en fonction du niveau d’autonomie et du type de mélange : plongée encadrée à l’air (PE), plongée autonome à l’air (PA), plongée nitrox (PN) et plongée trimix ou héliox (PTH). La dénomination plongée (P) est associée à une profondeur maximale autorisée.

L’apnée sportive consiste :

  • pour l’apnée statique, à rester le plus longtemps possible immobile (record du monde de 11 min 35 s réalisé par Stéphane Mifsud en 2009) ;
  • pour l’apnée dynamique, à parcourir la plus longue distance horizontalement ;
  • ou à atteindre en immersion libre la profondeur la plus importante, que ce soit en poids constant, en poids variable ou en “no limit”. Herbert Nitsch a atteint 214 m de profondeur en 2007. Ce record n’a toujours pas été battu en 2015.

Les activités subaquatiques de loisirs regroupent également la chasse sous-marine, le hockey subaquatique, la nage en eau vive, l’orientation subaquatique et le tir sur cible.
Toutes ces données sont essentielles pour le médecin délivrant un certificat médical de non contre-indication. Elles permettent d’appréhender les contraintes environnementales et techniques du plongeur et ainsi d’adapter au mieux le contenu de la visite médicale pour prévenir tout risque d’accident de plongée.