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Dossier : Plongée et activités subaquatiques

Plongée et activités subaquatiques – Visite médicale de non contre-indication aux activités subaquatiques

Le certificat médical est obligatoire pour la délivrance de la première licence à la FFESSM et fortement conseillé avant un baptême pour prévenir les effets des contraintes cardiovasculaires et ventilatoires liées à l’immersion et les risques barotraumatiques présents dès les premiers mètres. Il doit être renouvelé tous les ans par un médecin dont les qualifications dépendent des disciplines pratiquées.

En juin 2014, le comité directeur national de la FFESSM a modifié ses directives en matière de certificat médical en autorisant tout médecin inscrit à l’Ordre des médecins à délivrer un certificat pour les formations niveau 1 (y compris chez l’enfant de plus de 12 ans), niveau 2, niveau 3 et l’ensemble des qualifications (14). Les passages du niveau 4 et des monitorats fédéraux et la pratique du recycleur ou du trimix requièrent un examen par un médecin fédéral, c’est-à-dire un médecin titulaire d’une licence fédérale, présenté par un président de club et participant à des actions de formations, d’enseignements et de surveillance médicale de compétition. Les médecins diplômés en médecine du sport, en médecine de plongée ou en médecine hyperbare sont également habilités. La reprise de la plongée après un accident ne peut se faire qu’après avis d’un médecin fédéral, d’un médecin de plongée ou d’un médecin hyperbare, tout comme le certificat pour l’enfant de 8 à 14 ans. En cas de pathologie (valvulopathie, arythmie, coronaropathie, shunt droite-gauche, surdité, asthme, pneumothorax spontané, hémophilie, diabète insulinodépendant…), ou de traitement particulier (antiarythmique, bêtabloquant…), la visite ne peut être réalisée que par un médecin expert fédéral, un médecin de plongée ou un médecin hyperbare. En situation de handicap, le médecin rééducateur est également autorisé à délivrer un certificat. Pour le compétiteur, le certificat de non contre-indication des activités en  compétition peut être validé par un médecin du sport, un médecin fédéral, un médecin de plongée ou un médecin hyperbare. Le sportif de haut niveau doit respecter la liste et la périodicité des examens établies par la commission médicale. Le moniteur salarié est considéré comme un travailleur intervenant en conditions hyperbares. Il doit donc bénéficier d’une aptitude médicale aux interventions en milieu hyperbare délivré par son médecin du travail.

Au moindre doute, le médecin examinateur peut faire appel à un médecin fédéral ou à un médecin expert exerçant dans l’un des centres hyperbares français dont les coordonnées sont accessibles sur le site de Medsubhyp (12). Il peut également utiliser des algorithmes d’aide à la décision ou la liste indicative des contre-indications disponibles sur le site Internet de la commission médicale de la FFESSM (13). En 2016, les recommandations de bonne pratique pour la prise en charge en santé au travail des salariés intervenant en conditions hyperbares, élaborées par Medsubhyp et la Société Française de Médecine du Travail (SFMT) devraient être adaptées aux activités subaquatiques de loisirs et ainsi faciliter la décision médicale.

La visite initiale

L’examinateur effectue un interrogatoire à la recherche d’éventuels antécédents personnels ou familiaux (épilepsie, asthme, pneumothorax, cardiopathie, mort subite inexpliquée…), vérifie le statut vaccinal (antitétanique, anti-poliomyélite et éventuellement antileptospirose), et pratique un examen clinique approfondi, appareil par appareil. L’interrogatoire peut être précédé par la lecture du carnet de santé et la réalisation d’un autoquestionnaire. Un exemple est disponible sur le site de Medsubhyp (12).

Examen neurologique

Les modifications du seuil épileptogène par l’augmentation de la pression partielle en oxygène incitent à la plus grande prudence chez les sujets à risque de convulsion.
La réalisation d’un électroencéphalogramme avec hyperpnée et stimulation lumineuse intermittente doit donc être discutée en cas d’antécédent de pertes de connaissance inexpliquées, de crises d’épilepsie, d’un traumatisme crânien sévère, d’une infection cérébrale ou d’un accident vasculaire cérébral. Il peut être complété par une imagerie cérébrale et un enregistrement de sommeil.

Une effraction méningée neurochirurgicale, ORL ou traumatique favorise le risque de pneumencéphalie et, par conséquent, contreindique la plongée.
Un syndrome déficitaire sévère avec atteinte motrice majeure ou une incapacité motrice cérébrale est incompatible avec la plongée, en dehors d’une prise en charge dans une structure adaptée au handicap et d’une évaluation par un médecin fédéral ou un médecin rééducateur.
La présence d’une lombosciatalgie récidivante non chirurgicale impose une adaptation au port de charge et des conseils de pratique pour limiter la désaturation.

Examen psychiatrique

Les facteurs de vulnérabilité au stress comme des antécédents psychiatriques ou une addiction doivent être recherchés. Ils peuvent être à l’origine d’une attaque de panique lors de plongées profondes ou d’une situation inhabituelle dans des conditions de plongée défavorables. L’avis spécialisé, éventuellement orienté par un autoquestionnaire d’évaluation du niveau d’anxiété de fond (State-Trait Anxiety Inventory ou Anxiety Sensibility Index), doit être demandé au moindre doute afin de discuter d’une contre-indication ou d’une restriction de profondeur à 30 m.
Les troubles psychiatriques sont généralement incompatibles avec la plongée tout comme les addictions ou la prise de psychotropes qui peuvent majorer la narcose à l’azote, modifier le seuil épileptogène et altérer l’adaptation cardiovasculaire à l’effort. Les Anglo-saxons autorisent toutefois la plongée sous antidépresseurs à condition que le patient soit cliniquement stable, sous traitement de dernière génération (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine par exemple…), débuté depuis au moins 3 mois pour vérifier l’absence d’effets secondaires majeurs, sans association avec un autre médicament psychotrope, avec une absence de conduite suicidaire et une profondeur de plongée limitée à 30 m.

Examen oto-rhino-laryngologique et stomatologique

Une variation brutale du volume gazeux dans l’oreille moyenne peut provoquer une atteinte grave de l’oreille interne. Par conséquent, les antécédents de tympanoplastie avec montage ossiculaire, de tympanosclérose, de dysperméabilité tubaire sévère, d’otospongiose opérée, de fracture du rocher ainsi que la présence d’une perforation tympanique, d’un déficit audiométrique > 70 dB sur plusieurs fréquences, d’une fistule labyrinthique ou d’un déficit vestibulaire séquellaire sévère avec une asymétrie vestibulaire de plus de 50 % sont le plus souvent incompatibles avec les activités subaquatiques.
L’otoscopie avec manoeuvre d’équilibration active de la caisse du tympan est un élément essentiel dans le dépistage de la dysperméabilité tubaire. Elle permet également de vérifier l’état et la perméabilité du conduit auditif externe. La présence d’exostoses est fréquente chez les nageurs et les surfeurs. Elles ne nécessitent une prise en charge chirurgicale avant la plongée que si elles sont associées à des otites externes récidivantes ou à une baisse d’audition. L’impédancemétrie peut être proposée lorsque la mobilité tympanique n’est pas visualisée à l’otoscopie et que le patient se plaint d’otalgies lors des variations de pression en avion ou en apnée.

Le futur plongeur doit, dans tous les cas, être sensibilisé sur l’importance de signaler dans les plus brefs délais à son médecin de plongée tout épisode médical intercurrent pouvant modifier la fonction tubaire, afin de mettre en place des mesures préventives pour éviter un barotraumatisme de l’oreille. Le jeune enfant doit être informé de la nécessité de bénéficier d’un avis spécialisé ORL à la moindre difficulté d’équilibration ou en cas d’otites séromuqueuses récidivantes afin d’éliminer une immaturité tubaire.

En cas de doute sur une hypoacousie clinique, l’examen doit être complété par une audiométrie tonale et un avis spécialisé. En fonction des résultats, une autorisation peut être discutée par le médecin fédéral selon les recommandations de la FFESSM, téléchargeables sur Internet (13). Cette décision dépend du niveau d’hypoacousie et de l’état de l’oreille controlatérale. La présence d’une anomalie clinique vestibulaire ou d’un antécédent de vertige nécessite un avis spécialisé et des explorations vestibulaires complémentaires. En cas d’atteinte vestibulaire modérée séquellaire, une autorisation peut se discuter avec restriction de profondeur, absence d’obscurité et repère visuel permanent.
La palpation sinusienne doit être indolore. Une polypose sinusienne symptomatique ou une sinusite chronique doivent être traitées avant toute plongée pour prévenir le risque de barotraumatisme.
L’examen endobuccal doit être complété par l’avis d’un chirurgien-dentiste au moindre doute afin d’éliminer une atteinte buccodentaire pouvant être aggravée par les variations de pression ou l’exposition au froid.

Examen ophtalmologique

L’interrogatoire recherche une contre-indication à la plongée telle qu’une pathologie vasculaire de la rétine, de la choroïde, ou de la papille susceptible de saigner, un kératocône supérieur à un stade 2 ou la présence d’un implant creux.
Le futur plongeur doit être informé qu’une vision binoculaire avec correction inférieure à 5/10 ou une acuité d’un oeil inférieure à 1/10 et de l’autre avec correction inférieure à 6/10 contre-indique la plongée en autonomie à plus de 20 m de profondeur. Le port de lentilles est compatible avec la plongée tout comme la mise en place de verres correcteurs sur le masque. Un traitement local par bêtabloquants nécessite une évaluation par épreuve d’effort et une exploration fonctionnelle respiratoire pour éliminer une limitation de l’adaptation à l’effort ou un retentissement ventilatoire.

En cas de chirurgie et sous couvert de l’accord de l’ophtalmologiste traitant, le délai minimum de contre-indication à la plongée est d’1 mois pour une opération de la myopie, de 2 mois pour une opération de la cataracte, du glaucome ou après une chirurgie vitréo-rétinienne et de 8 mois pour une greffe de cornée. En cas de chirurgie avec mise en place de gaz dans l’oeil, la plongée n’est possible qu’après disparition complète de ce gaz.

Examen cardiovasculaire

Les modifications neurovégétatives et l’augmentation des régimes de pressions intracardiaques inhérentes aux contraintes d’immersion doivent écarter tout sujet à risque de syncope, d’ischémie myocardique, d’insuffisance cardiaque ou de rupture vasculaire. Par conséquent, l’interrogatoire doit systématiquement rechercher une symptomatologie d’effort.
L’insuffisance cardiaque symptomatique, la cardiomyopathie obstructive, la tachycardie paroxystique, le bloc auriculoventriculaire (BAV) II ou complet non appareillé, la maladie de Rendu-Osler sont des contre-indications. La présence d’une coronaropathie, d’une prise de bêtabloquants, d’une valvulopathie, d’un trouble du rythme, d’un trouble de la conduction ou d’un pacemaker impose une évaluation par un médecin fédéral (13). Des antécédents familiaux de mort subite inexpliquée ou de coronaropathie à un jeune âge ainsi que toute anomalie auscultatoire en dehors d’un souffle systolique bénin doivent faire l’objet d’un avis spécialisé. La réalisation d’un électrocardiogramme de repos avant 40 ans permet d’éliminer la plupart des cardiopathies arythmogènes familiales. L’utilisation d’une grille de lecture est recommandée pour optimiser son interprétation (12).

Au-delà de 40 ans chez l’homme et de 50 ans chez la femme, l’épreuve d’effort est fortement recommandée en particulier en cas de tabagisme actif ou sevré depuis moins de 5 ans, de dyslipidémie avec un taux de LDL > 1,5 g/L ou d’obésité avec un IMC > 30. Elle est également recommandée par la FFESSM chez le plongeur de plus de 60 ans en cas de reprise d’une activité sportive, de compétition ou de passage de brevet avec épreuve physique (initiateur, niveau 4, moniteur fédéral) (13).
L’hypertension artérielle doit être dépistée minutieusement en réalisant en cas de doute des contrôles itératifs et/ou une mesure ambulatoire de la pression artérielle. En cas de confirmation, un bilan cardiaque est indispensable avec a minima une exploration cardiaque anatomique et fonctionnelle, au repos et à l’effort. Le traitement doit être adapté à la plongée, en évitant si possible les diurétiques et les bêtabloquants. L’hypertendu doit être stabilisé et maintenir une activité physique régulière avant de débuter la plongée. Lors des activités subaquatiques, il doit limiter le stress psychique, le froid et l’hyperoxie. La plongée doit être interrompue au moindre symptôme.

La recherche d’un shunt droitegauche par échographie transthoracique et carotidienne ou transcrânienne avec injection de produit de contraste et manoeuvre de sensibilisation n’a aucune indication en prévention primaire. En cas de découverte fortuite, une contre-indication ou une plongée avec restriction doivent être proposées. Les restrictions visent à réduire la production de bulles circulantes et à éviter la perméabilisation du foramen ovale (éviter le froid, proscrire la plongée “Yoyo®”, limiter à une plongée par jour à une profondeur maximale de 20 m avec possibilité d’extension à 30 m en fonction des facteurs de risque individuels et de l’utilisation d’un mélange suroxygéné, pas d’effort, remonter lentement, effectuer systématiquement un palier de sécurité, pas de Valsalva ou de redescente en fin de plongée, se réhydrater après la plongée, pas d’effort intense à glotte fermée dans les heures qui suivent…) (13).

Examen pneumologique

Lors d’une remontée rapide, le risque de barotraumatisme grave est d’autant plus grand qu’il survient sur un poumon pathologique.
Toute pathologie pouvant être à l’origine d’une fragilisation du parenchyme ou d’une gêne à l’expiration doit être dépistée. L’examen recherche une cicatrice de chirurgie ou de drainage thoracique.
L’auscultation vérifie l’absence  de bruits anormaux ou atténués compatibles avec un asthme, une bronchite chronique ou une maladie bulleuse. Elle doit être complétée par une exploration fonctionnelle respiratoire au moindre doute. Toute pathologie modifiant significativement l’hématose ou les caractéristiques mécaniques de la membrane alvéolocapillaire contre-indique la plongée.
La radiographie thoracique systématique n’est pas indiquée. La TDM thoracique est prescrite s’il existe des signes d’appel à l’interrogatoire, à l’examen clinique ou à l’exploration fonctionnelle.
La présence de bulles pariétales en particulier chez le fumeur doit faire discuter une contre-indication absolue. La plongée est possible après un pneumothorax traumatique ou iatrogène après un délai minimum de 3 mois et en l’absence d’une atteinte ventilatoire en spirométrie ou d’un kyste gazeux séquellaire au scanner. La réalisation d’une boucle débit volume avec un test de réversibilité aux bêta-2-mimétiques peut permettre au médecin fédéral d’autoriser un asthmatique léger à la pratique de la plongée, selon les recommandations de la FFESSM téléchargeables sur Internet (13). Une contre-indication doit être prononcée en cas d’asthme d’effort, d’asthme au froid, d’antécédent de crise d’asthme grave, d’asthme non stabilisé avec un traitement de fond, d’insuffisance respiratoire, de pneumopathie fibrosante, de vascularite pulmonaire, de chirurgie pulmonaire ou de pneumothorax spontané. La restriction de profondeur ne peut pas être considérée  comme une alternative puisque le gradient de pression, et donc le risque barotraumatique, est le plus important dans les 10 premiers mètres (Fig. 7).

Figure 7 – TDM thoracique chez un plongeur fumeur présentant une fibrose
et une volumineuse bulle pariétale.

Examen hépato-gastro-entérologique

Lors de la remontée, l’augmentation des volumes gazeux contenus dans les cavités digestives peut être à l’origine de contraintes barotraumatiques. Ainsi, toute fragilité de la  paroi digestive consécutive à un ulcère, une poussée inflammatoire digestive, un reflux ou une chirurgie récente doit faire l’objet d’une contre-indication temporaire.
Toute chirurgie gastro-oesophagienne pouvant gêner l’évacuation d’un excès de gaz par le cardia contre-indique la plongée. Par ailleurs, le port de charge doit être limité en cas de fragilité de la paroi abdominale. Les échanges d’embouts buccaux doivent être évités en cas d’hépatites virales actives.
La présence d’une hépatopathie chronique doit faire rechercher une dyscoagulopathie qui peut contre-indiquer la plongée.

Examen rhumatologique

L’évaluation du rachis permet de dépister les sujets pour lesquels le port de charge représente un danger.
Chez l’enfant, la pratique de la plongée doit être adaptée au développement staturopondéral. La FFESSM discute une densitométrie osseuse chez le plongeur de plus de 60 ans pour évaluer le risque ostéoporotique (13). L’examen évalue également la mobilité des grosses articulations (épaules, hanches et genoux). La radiographie standard n’a aucune indication pour le dépistage des ostéonécroses asymptomatiques.
En présence de facteurs de risque ou de signes cliniques, l’imagerie par résonance magnétique est l’examen de référence. Elle peut être complétée par un scanner en cas de douleur intense pour éliminer une fracture sous-chondrale.
La présence d’une lésion débutante en particulier au niveau de la surface articulaire doit faire discuter une contre-indication définitive.

Examen endocrinologique et gynécologique

Le dosage d’une glycémie à jeun permet de dépister un diabète débutant. Le diabète non insulinodépendant sous traitement hypoglycémiant tout comme les troubles endocriniens sévères sont des contre-indications à la plongée. Le diabète insulinodépendant peut être compatible avec la plongée sous couvert de l’avis d’un médecin fédéral et d’un endocrinologue, en accord avec les recommandations de la FFESSM (13).
La grossesse est une contre-indication temporaire, mais absolue. Les plongeuses doivent en être informées.

Examen hématologique, métabolique et toxicologique

La numération formule sanguine est recommandée à la recherche d’une anémie, d’une polyglobulie ou d’une thrombopénie. L’allergie à l’aspirine n’est pas une contre indication à la plongée, à condition qu’elle ne soit pas associée à une polypose sinusienne symptomatique ou à un asthme sévère (triade de Widal). Les troubles de l’hémostase peuvent être compatibles avec la plongée sous réserve d’une évaluation par un médecin fédéral en accord avec les recommandations de la FFESSM (13). La thrombopénie périphérique < 50 000 plaquettes/mm3, la thrombopathie congénitale et les épisodes thromboemboliques récidivants sont des contre-indications à la plongée. Un premier épisode thromboembolique est compatible avec la plongée en l’absence de dyscoagulopathie associée, tout comme un traitement par anticoagulant bien équilibré à condition que la pathologie pour laquelle il a été prescrit ne contre-indique pas cette activité.
Le dosage de la créatinine plasmatique avec calcul du débit de filtration glomérulaire par l’équation CKD-EPI et une recherche de protéinurie par bandelette doivent être discutés pour dépister une pathologie rénale débutante chez un patient asymptomatique. Ils sont fortement recommandés en cas de rein unique, de diabète ou d’HTA. Ils peuvent être complétés par un dosage de protéinurie sur 24 h. Au moindre doute, un avis néphrologique est nécessaire. Un débit de filtration glomérulaire inférieur à 60 mL/min/1,73 m2 et/ou une protéinurie supérieure à 1 g/24 h contre-indiquent la plongée. En cas de rein unique, la microalbuminurie doit être inférieure à 30 μg/24 h pour autoriser la plongée. En cas d’antécédent de coliques néphrétiques, le futur plongeur doit être sensibilisé au sujet de l’hydratation avant et surtout après la plongée.
La récidive doit faire discuter une contre-indication. Dans tous les cas, le futur plongeur doit être sensibilisé à l’hyperdiurèse consécutive à l’immersion en eau froide, et ainsi incité à se réhydrater avec 300 à 500 cc d’eau au décours immédiat de la plongée, y compris en l’absence de soif.
La prise de toxiques est incompatible avec la pratique de la plongée.

Examen dermatologique

La plongée a peu d’impact direct sur la peau. Toutefois, le retentissement systémique de pathologies cutanées peut contre-indiquer la plongée comme le risque épileptique dans la neurofibromatose et dans la sclérose tubéreuse de Bourneville, les modifications de l’hématose dans les atteintes interstitielles pulmonaires de la sarcoïdose et dans les fibroses pulmonaires de la sclérodermie, le risque d’accident de désaturation par shunt droite-gauche dans les malformations artérioveineuses ou par hyperviscosité dans le lupus ou les hyperéosinophilies.
L’urticaire au froid ou à l’eau, les allergies de contact au néoprène ou au caoutchouc, les plaies chroniques, les cryoglobulinémies, le cryofibrinogène, le syndrome de Raynaud sévère, les dermatoses étendues et les panniculites au froid sont incompatibles avec l’immersion. L’exposition solaire doit être contrôlée pour limiter le risque néoplasique.

Examens spécifiques aux activités subaquatiques autres que la plongée

Pour l’apnée, le médecin doit également prévenir le risque de syncope en recherchant les conduites à risque, une hypertonie vagale ou une bradycardie sévère. Toute pathologie sensible à l’hypoxie doit faire l’objet d’une contre-indication.
En cas de risque barotraumatique, une restriction de profondeur avec des activités statiques et dynamiques exclusives est possible.
Pour la nage avec palmes et le hockey subaquatique, l’adaptation cardiorespiratoire à l’effort est essentielle. Le hockeyeur doit également avoir une morphologie adaptée aux contacts physiques. Des listes de contre-indications spécifiques à ces activités sont disponibles sur le site de la FFESSM (13).
En l’absence de contre-indication, un certificat médical est réalisé sur une ordonnance vierge ou un modèle disponible sur le site Internet de la FFESSM (13). Il précise, en fonction de la demande, l’absence de contre-indication à l’ensemble des activités, à l’enseignement et à l’encadrement ou à la préparation et au passage de niveau. Il peut contre-indiquer certaines activités et préconiser une surveillance rapprochée en particulier chez le jeune enfant. La validité du certificat médical est de 1 an maximum. Il devient caduc en cas de maladie, de nouveaux traitements ou d’accidents de plongée.

La visite périodique

L’examinateur doit rechercher une pathologie débutante pouvant interférer avec la sécurité du plongeur. Il évalue également la pratique (date de la première plongée, nombre total, profondeur maximale, mélanges et appareils utilisés, antécédents d’accidents de plongée, date de la dernière plongée, niveau de plongée actuel…) afin de proposer des mesures préventives et de dépister d’éventuels effets à long terme (ostéonécrose dysbarique, atteinte cochléo-vestibulaire, modification de la fonction ventilatoire…).
L’autoquestionnaire (12) et le carnet de plongée sont des éléments d’aide à la décision essentiels. En dehors de tout point d’appel clinique ou de facteurs de risque, il est recommandé de réaliser au minimum tous les 5 ans un électrocardiogramme de repos, une NFS, une glycémie à jeun, une exploration des anomalies lipidiques, une créatininémie, une évaluation du débit de filtration glomérulaire, une recherche de protéinurie, une acuité visuelle en particulier pour les encadrants et les plongeurs autonomes évoluant à plus de 20 m de profondeur. La réalisation d’un électrocardiogramme, chaque année, à partir de 40 ans, peut se discuter  en particulier en cas de facteurs de risque cardiovasculaire.
Le médecin doit être particulièrement attentif si le plongeur signale une dyspnée, une toux ou une hémoptysie au décours d’une plongée.
Cette symptomatologie, pouvant être en rapport avec un OPI passé inaperçu, doit faire l’objet d’un bilan cardiopulmonaire approfondi avant toute reprise. De plus, toute douleur articulaire au décours d’une plongée doit bénéficier à distance d’une IRM afin de rechercher une ostéonécrose débutante asymptomatique. En cas de lésion intraosseuse, la reprise de la plongée n’est possible qu’après fixation de la lésion, généralement dans un délai de 3 mois à 1 an et en l’absence d’atteinte de la surface articulaire.
Cette consultation est aussi l’occasion de prodiguer au plongeur en scaphandre quelques conseils de pratiques :

  • être en bonne condition physique et psychique ;
  • ne pas plonger en cas de manque de sommeil, de prise excessive d’alcool ou de surmenage ;
  • ne pas plonger en cas de grossesse ;
  • planifier sa plongée en fonction des conditions météorologiques et des facteurs individuels ;
  • limiter la profondeur en cas de reprise de la plongée après une interruption ;
  • éviter les plongées Yoyo® ;
  • ne pas forcer en cas de douleur tympanique ;
  • avoir une utilisation raisonnée des ordinateurs et des mélanges suroxygénés ;
  • respecter les procédures et ne pas oublier les fondamentaux comme le contrôle du matériel en pré-immersion, la gestion de l’air, la maîtrise de la flottabilité et des vitesses de remontée, l’absence de blocage expiratoire lors de remontée…
  • s’hydrater dès la sortie de l’eau avec au minimum 300 à 500 cc par heure d’immersion ;
  • éviter les efforts, se reposer après la plongée et ne pas accumuler des plongées profondes…

Le médecin peut également rappeler la conduite à tenir en cas d’incident et inciter le plongeur à effectuer son activité en structure afin de bénéficier d’un encadrement technique de haut niveau, garantissant une prise en charge optimale en cas d’accident.
Concernant les apnéistes, les conseils spécifiques sont :

  • être en bonne condition physique et psychique ;
  • éviter de plonger dans un contexte d’infection ;
  • ne pas faire d’apnée dans les 6 à 12 h qui suivent une plongée en scaphandre ;
  • planifier ses apnées en durée et en profondeur (montre et profondimètre ou ordinateur) ;
  • favoriser l’échauffement et la progressivité ;
  • éviter les apnées profondes à faible volume pulmonaire ;
  • éviter l’hyperventilation : pas plus de 4 mouvements ventilatoires amples en 15 secondes ;
  • maîtriser la manoeuvre de la carpe ;
  • ne pas banaliser les contractions diaphragmatiques sur le fond ;
  • éviter les exercices à haute intensité lors de la remontée ;
  • limiter la durée à 90 secondes (surtout si profondeur > 10 m) ;
  • ne pas banaliser une “samba” ;
  • avoir des temps de récupération suffisants en surface ;
  • s’hydrater à raison de 300 cc par heure d’immersion ;
  • ne pas prendre d’aspirine avant ou après l’immersion ;
  • ne pas plonger en bouteille dans les 12 h qui suivent des apnées à plus de 20 m ;
  • surtout ne jamais plonger seul en particulier à des profondeurs de plus de 10 m, et se signaler par une bouée de surface.

La visite de reprise

En cas d’accident de plongée, la reprise doit être validée par un médecin fédéral ou un médecin hyperbare.
En règle générale, le délai minimum de contre-indication est de 3 à 7 jours pour un ADD cutané ou une otite barotraumatique non perforée, de 4 à 6 semaines pour un barotraumatisme thoracique, une perforation tympanique, un OPI ou un ADD ostéo-arthro-musculaire, de 3 à 6 mois pour un ADD médullaire, cérébral, vestibulaire ou un barotraumatisme de l’oreille interne. La reprise n’est possible qu’en l’absence de séquelle et doit être discutée en fonction de l’expérience et de la motivation du plongeur. En cas d’ADD cérébral, vestibulaire ou médullaire haut, la recherche d’un shunt droite gauche doit être préalable à toute reprise. En l’absence de cause évidente d’ADD, un bilan de dyscoagulopathie à 3 mois peut également être discuté. Concernant l’OPI, la mise en évidence d’une pathologie sous-jacente non stabilisée contre-indique la reprise pour prévenir tout risque de récidive potentiellement mortelle.
En cas d’autorisation, la reprise doit être progressive dans un environnement climatique et psychologique favorable. Le plongeur doit respecter des règles hygiénodiététiques (1, 14) et modifier sa pratique pour éviter une récidive, en particulier en cas de découverte d’un shunt droite gauche (13, 15).