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Dossier : L'examen clinique de l'épaule du sportif

8. Recherche d’une laxité et d’une instabilité d’épaule

L’hyperlaxité peut être secondaire à des étirements “antiphysiologiques”.

Un temps important de l’examen clinique du sportif est la recherche d’une laxité d’épaule, source d’instabilité fonctionnellement gênante.

L’hyperlaxité est primaire ou secondaire. Lorsqu’elle est secondaire, elle est soit post-traumatique, soit secondaire à des étirements “antiphysiologiques”, liée à la spécificité du sport pratiqué (natation, gymnastique…).

Première étape-clé de l’examen : demander au patient de placer son bras dans la position qu’il juge la plus désagréable.

En cas d’instabilité antérieure : le patient se place spontanément avec le bras en abduction et rotation latérale.

En cas d’instabilité postérieure (plus rare mais souvent méconnue) : le patient se place avec le bras en antépulsion à 90° et adduction horizontale.

On réalise ensuite différentes manœuvres afin de caractériser la laxité et le type d’instabilité.

Le tiroir antéro-postérieur (Fig. 44) :
– patient en décubitus dorsal,
– on place le bras du patient à 80°- 120° d’abduction, 0°-20° d’antépulsion et 0°-30° de rotation latérale, en maintenant la pointe de la scapula,
– avec une main on maintient le bras,
– avec l’autre main on imprime une pression postérieure puis antérieure sur la tête humérale,
– on cote la laxité en croix (+) à la manière des laxités du genou.

Figure 44 – Recherche d’un tiroir antéro-postérieur.

Le load and shift test :
– patient debout ou assis, on se place derrière lui,
– on procède de la même manière que le test précédent en empaumant bien la tête humérale.

Le sulcus test ou test du sillon :
– patient debout, on se place face à lui,
– le bras est relâché le long du thorax, coude en extension,
– on exerce une traction distale dans l’axe du bras,
– en cas de subluxation inférieure on retrouve une dépression entre le bord latéral de l’acromion et la tête humérale que l’on palpe dans le creux axillaire.

• Le test d’appréhension du bras :
– patient assis, en décubitus dorsal ou debout, on se place face à lui,
– on place le bras en rotation latérale maximale et on réalise une abduction maximale,
– on exerce ensuite une pression postéro-antérieure sur la tête humérale,
– il faut être attentif à l’expression du visage du patient,
– en cas d’instabilité antérieure, le visage du patient décrit une appréhension et il effectue un mouvement d’évitement par rotation du thorax pour maintenir son coude en avant de la scapula,
– parfois on retrouve un ressaut, un blocage ou un claquement correspondant souvent à une lésion du bourrelet glénoïdien.

Le relocation test :
– se pratique en cas de test d’appréhension à l’armer du bras positif et immédiatement à son décours, – dans la même position que le test d’appréhension,
– au moment de l’appréhension (= zone préluxante), on effectue une pression antéro-postérieure sur la tête humérale,
– l’appréhension disparaît alors.

L’anterior release test :
– se pratique à la recherche d’une instabilité antérieure occulte,
– patient en décubitus dorsal, l’épaule testée dépassant du rebord de la table d’examen,
– on porte le bras à 90° d’abduction d’une main,
– avec l’autre main, on exerce une pression antéro-postérieure sur la tête humérale,
– en maintenant cette pression, on effectue, avec la main qui porte le bras, une rotation latérale maximale,
– on relâche alors la pression exercée sur la tête humérale,
– en cas d’instabilité antérieure, il apparaît une douleur ou des symptômes reconnus par le patient.

Test d’appréhension postérieure (Fig. 45) :
– idéalement patient en décubitus dorsal, l’épaule testée dépassant du rebord de la table d’examen,
– on place le bras en antépulsion à 90° et adduction à 20°-30°, coude en extension,
– on effectue une pression proximale dans l’axe du bras,
– un ressaut de la tête humérale, une appréhension ou une douleur marque une instabilité postérieure.

Figure 45 – Recherche d’une instabilité postérieure.