Dossier : Pathologie des sports de combat pieds-poings

Introduction

Les arts martiaux pieds-poings sont populaires en France, avec un nombre de
licenciés stable depuis plusieurs années, autour de 300 000. Ces sports sont
pratiqués par des adultes en majorité, à l’inverse du judo où ce sont les enfants
qui prédominent. 70 % des pratiquants des sports pieds-poings sont âgés de
plus de 16 ans. Cependant, on note une tendance à l’augmentation du nombre
d’enfants pratiquant ces sports.

Pour aborder la traumatologie des sports de combat pieds-poings, il faut distinguer deux modalités de pratique :

  • la pratique-loisir,
  • la compétition.

Les statistiques comparatives de la traumatologie des différents sports (statistiques Menarini, 1994), même si elles font abstraction des déterminants personnels qui conduisent à l’appétence pour un sport, ont fait ressortir un faible pourcentage de traumatismes dans ces sports.

Les macrotraumatismes surviennent essentiellement en compétition et en assauts. Les traumatismes en pratique-loisir sont rares et le plus souvent de nature microtraumatique, intéressant principalement la zone lombaire, les muscles des cuisses ou les genoux.

La faible traumatologie constatée de la pratique-loisir résulte d’une prise de conscience et d’une meilleure maîtrise des risques, ayant conduit à des modifications notables de la pratique. Les leçons tirées des premières générations de pratiquants ont eu une influence certaine. Apparus dans les années 1970, dans la foulée du judo, le karaté et les autres arts martiaux pieds-poings ont d’emblée eu un vif succès. Les pratiquants des années 1970 ont souvent été dans l’excès, encadrés par des professeurs ayant une formation des plus sommaires. Trente ans plus tard, les professeurs issus de ces premières générations de pratiquants paient les conséquences de leurs excès. Ils en ont tiré les leçons et se sont faits depuis les meilleurs porte-paroles de la prévention.

L’utilisation de protections lors des assauts souples qui, souvent, concluent la séance d’arts martiaux est un autre facteur ayant fortement contribué à la diminution des traumatismes. Le caractère individuel, voire individualiste de la pratique des arts martiaux avec le « sensei » (le maître) exerçant une forte autorité sur ses élèves, est un des aspects de la pratique qui, en dernière analyse, lie la sécurité physique des élèves dans le dojo à la personnalité et aux compétences du professeur.