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Dossier : Le syndrome de loge chronique

Symptomatologie clinique

Symptomatologie stéréotypée

Cette symptomatologie est stéréotypée et va s’exprimer par des douleurs d’efforts à type de striction d’apparition progressive et toujours avec le même délai de latence au cours de l’activité physique. Cette distance est quasi constante, parfois un peu plus précoce si le rythme est soutenu, légèrement retardée si celui- ci est atténué, mais qui au bout de quelques minutes oblige à l’arrêt. Il s’agit donc d’un tableau typique de claudication d’effort alors même, et ceci est fondamental, qu’il n’existe aucune manifestation au repos.

Examen clinique

L’examen clinique est normal au repos, à ceci près qu’il devra toujours s’enquérir de l’existence ou non d’une hernie musculaire ou d’un muscle surnuméraire.
Après effort, en revanche, on retrouve fréquemment :

  • une tension musculaire douloureuse à la palpation ;
  • une majoration d’une éventuelle hernie musculaire ;
  • quelques signes neurologiques et notamment de dysesthésies du premier espace intermétatarsien par atteinte du nerf fibulaire profond.

Les signes négatifs sont importants à préciser.

Il n’y a jamais de modification des pouls distaux éliminant un syndrome d’artère piégée.

Tests dynamiques

Charlopain et al. (11) ont proposé dans le cadre de syndrome de loge antérieur un test consistant à effectuer au minimum 150 dorsiflexions du pied en 4 minutes. En cas de syndrome de loge, le sportif ne pourra satisfaire à cette épreuve, reproduisant la douleur vécue. Les auteurs ont corrélé ce test avec la prise de pression, permettant de dégager une prédictivité positive en cas de test positif de 96 % et une prédictivité négative en cas de test négatif de 90 %.

Au niveau des loges de l’avant-bras (6-7, 12-15)

Symptomatologie stéréotypée

La symptomatologie est stéréotypée et constituée de douleurs à type de strictions d’effort à la limite de la crampe.
Les windsurfers ont l’impression que leurs manches de combinaison néoprène sont trop serrées et d’eux-mêmes passent au shorty.
On observe également une nette diminution de la force musculaire, le dernier motard venu en consultation n’ayant même plus la force après une course de porter une bouteille d’eau à sa bouche.
En outre, on retrouve souvent des paresthésies d’effort dans le territoire du médian et du nerf ulnaire.

Le tableau s’amende rapidement parfois un peu plus lentement en 1 ou 2 heures et au repos le sportif est asymptomatique.

Examen clinique

C’est donc dire que l’examen clinique doit être effectué après épreuve d’effort.

  • soit en reproduisant le tableau à l’aide d’une balle mousse ;
  • soit chez le windsurfer comme le préconisent Guillodo et Raut (14) en utilisant un segment de wishbone placé contre le chambranle d’une porte permettant d’effectuer des mouvements de pompage.

Ceci permet alors d’extérioriser une tension musculaire douloureuse à la palpation de la loge antérieure avec parfois extériorisation d’une hernie musculaire (Fig. 4) plus ou moins discrète, hypoesthésie du médian et du cubital.

Figure 4 – Hernie, loge de l’avant-bras.

Là aussi, les signes négatifs sont importants à préciser en ce sens qu’il n’y a jamais d’abolition des pouls radiaux et cubitaux.