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Congrès Médecine & Tennis 2017 – Intérêt d’une activité physique après l’âge de 70 ans, objectif Successful Aging !

Dr Tristan Cudennec (gériatre, praticien hospitalier, service de médecine gériatrique, hôpitaux universitaires Paris Île-de-France Ouest site Ambroise Paré, AP-HP, Boulogne Billancourt)

Le vieillissement a des conséquences sur nos organismes, mais il doit bien être différencié de la pathologie. L’objectif d’un vieillissement réussi est de lutter contre la survenue de critères de fragilité qu’il faut savoir identifier et contre lesquels il faut intervenir. L’activité physique (AP) régulière est l’acteur majeur de cette réussite.

Le vieillissement : un phénomène dynamique

Le vieillissement n’est pas une maladie ! Il concerne l’ensemble des organes et est à l’origine de modifications de la composition corporelle. Parmi ses conséquences, nous pouvons retenir une diminution et une détérioration du tissu osseux pouvant conduire à l’observation d’une ostéoporose, une diminution de la masse et de la force musculaire (maximum vers l’âge de 30 ans, baisse de 30 % entre les âges de 50 et 70 ans) traduisant une sarcopénie, mais également une diminution des réserves en eau, une baisse des capacités cognitives ou encore une dégradation de la situation sociale.

Il est toujours nécessaire de distinguer le vieillissement physiologique du vieillissement pathologique. Pour l’expliquer, J.-P. Bouchon a proposé en 1984 un schéma, la règle du 1 + 2 + 3 (1).

Figure – 1 + 2 + 3 de J.-P. Bouchon (1).

Sur ce schéma, la courbe 1 représente les effets du vieillissement sur la fonction de l’organe, le vieillissement isolé n’aboutit jamais seul à la décompensation fonctionnelle. La courbe 2 représente l’effet d’une maladie chronique qui vient aggraver les effets du vieillissement et altérer la fonction de l’organe. La courbe 3 représente le facteur aigu de décompensation.

Le processus du vieillissement est variable d’un individu à l’autre et au niveau des organes au sein d’une même personne. Il dépend de multiples facteurs, notamment extrinsèques comme le mode de vie, la nutrition, l’AP ou les facteurs environnementaux.

Introduction à la notion de fragilité

Le syndrome de fragilité est un ensemble de détériorations se résumant en un déclin réversible de l’AP. Il décrit un patient à risque de dépendance, de comorbidités, d’entrée en institution, de décès…

Certains facteurs de risque ont été identifiés comme des éléments d’hygiène de vie (sédentarité, malnutrition, tabagisme…), l’existence d’un risque cardiovasculaire (surpoids, diabète, HTA, dyslipidémie), l’observation de chutes, des éléments sociaux (isolement, troubles thymiques).

En 2001, L. Fried a décrit cinq critères permettant de définir la fragilité : dénutrition (perte de poids involontaire sur 1 an), fatigue, faiblesse musculaire ou faible endurance, ralentissement de la marche et bas niveau d’AP ou AP réduite (2). En se référant à ces critères, 50 % des personnes âgées de plus de 65 ans en France bénéficient d’un vieillissement réussi et sont considérés comme étant en bonne santé. Dans 30 % des cas, les personnes sont “pré-fragiles” et dans 15 % des cas “fragiles”. Ces derniers peuvent bénéficier d’interventions, comme l’AP, pour pouvoir réintégrer le premier groupe. Enfin, les 5 à 10 % restants sont des personnes âgées dépendantes pour lesquelles il n’est pas possible d’envisager d’amélioration majeure.

Impacts de l’activité physique

Dans le domaine du vieillissement, l’AP contribue à maintenir et/ou à améliorer la force et l’endurance musculaire, l’aptitude aérobie (le VO2max diminue de 5 à 10 % tous les 10 ans entre 25 et 65 ans, à l’origine d’une réduction de la force, de l’endurance et d’une plus grande fatigue), l’équilibre, l’agilité et la flexibilité (tant physique que mentale).

Ainsi, sur des aspects cliniques, l’AP limite le risque de chute, permet de lutter contre l’ostéoporose et la sarcopénie, participe à la prévention des pathologies cardiovasculaires et a également des effets positifs sur la cognition. Parmi l’ensemble de la littérature internationale, en termes de recherches et de description d’éléments pouvant avoir un impact clair sur l’observation d’un vieillissement réussi, seule l’AP régulière est reconnue !

Conclusion

La fragilité est un syndrome dynamique et réversible au prix de certaines interventions. Il est possible de la prévenir ou de réduire ses conséquences, notamment en ayant recours aux activités physiques et sportives. Il n’y a pas d’âge pour débuter ou poursuivre une activité physique. Seules trois règles peuvent vous accompagner vers un Successful Aging : activité physique régulière + bon état nutritionnel + vie sociale.

Bibliographie

1. Bouchon JP. 1 + 2 + 3 ou comment tenter d’être efficace en gériatrie ? Rev Prat 1984 ; 34 : 888-92.
2. Fried LP, Tangen CM, Walston J. Frailty in older adults: evidence for a phenotype. J Gerontol A Biol Sci Med Sci 2001 ; 56 : 146-56.