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Jean-Marie Coudreuse : une leçon de vie

Pr Jacques Rodineau

Au moment où la revue Médecins du Sport me sollicite pour « transmettre quelques mots » sur la disparition de Jean-Marie Coudreuse, je pourrais bien évidemment rejoindre la cohorte de tous ceux qui – à juste titre – ont fait et feront part de leur émotion et de leur tristesse. Ce n’est pas pour autant que je ne partagerai pas ce qu’ils ont déjà dit ou écrit sur lui et sur le fait qu’il laissera l’empreinte d’un homme et d’un médecin généreux et passionné, tenace et persévérant, toujours à la recherche de nouvelles idées et aussi d’un véritable créateur d’événements. Pour ma part, je souhaiterais revenir sur les étonnantes convergences de nos vies et de nos orientations professionnelles.

Un parcours universitaire riche

Nous étions originaires de deux communes du Grand Ouest de la France, devenu la région des Pays de la Loire : Le Mans et Angers, distantes de quelque 80 km. Jean-Marie était né au Mans et moi à Angers. De tout temps, il était bien connu que Le Mans était tourné vers Paris et Angers vers Nantes et c’est pourtant à Angers que Jean-Marie fit ses études médicales. En revanche, c’est à Paris qu’il obtint son diplôme de docteur en médecine en soutenant sous ma direction, en décembre 1990, une thèse sur la « Pathologie du nerf sus-scapulaire dans la pratique du volley-ball ». À cette époque, nous étions tous les deux attachés dans le service de rééducation neurologique d’Emmanuel Pierrot- Deseilligny où Jean-Marie exerça de 1990 à 1997. L’étude de Jean-Marie porta sur 80 joueurs de volley-ball de haut niveau et permit de montrer la fréquence de cette lésion neurologique et l’intérêt de la déceler et de la traiter de façon précoce. Elle est plus que jamais d’actualité.
En 1989-1990, il suivit l’enseignement prodigué au cours du diplôme d’université (DU) de traumatologie du sport de la Pitié-Salpêtrière que j’avais initié en 1978 avec la bénédiction de Jean-Pierre Held. Jean-Marie bénéficia alors des exposés dispensés par Alain Durey, Gérard Saillant, Jean- François Kouvalchouk, Jean-Baptiste Courroy, Gilles Daubinet et par bien d’autres, pour découvrir les aspects multiples et souvent spécifiques de la pathologie mécanique de l’appareil locomoteur des sportifs. Il sut profiter de cet enseignement, alors unique en France, pour approfondir ses connaissances en la matière et réussir aux épreuves théoriques et pratiques de ce DU dont, à l’époque, la réputation était qu’il n’était pas “donné”.

Jean-Marie Coudreuse entouré des grandes championnes Florence Masnada et Laure Manaudou.

Au service des sportifs

Pendant toutes ses années parisiennes, Jean-Marie fit preuve d’une activité intense au service de la médecine et de la traumatologie du sport puisqu’on le retrouve également attaché dans le service de médecine du sport que dirigeait à la Pitié Gilbert Péres, mais aussi de 1991 à 1994, médecin consultant à l’Institut national des sports et de l’éducation physique (INSEP).
De 1990 à 1997, il fut également le médecin de garde du stade Yves Du Manoir dont le locataire était le Racing Club de France (RCF). Et “Colombes”, ce n’était pas une sinécure. À cette époque, c’était certes le stade olympique où se disputaient chaque année quelques grands matches de football et de rugby et sur la piste d’athlétisme duquel s’entraînaient régulièrement de très grands champions et des sportifs de loisir, mais c’était aussi son annexe le terrain Lucien-Choine et surtout une dizaine de terrains de football et trois ou quatre terrains de rugby sur lesquels chaque week-end des centaines de sportifs disputaient leur championnat respectif. C’était, chaque dimanche, la prise en charge de trois ou quatre dizaines de pratiquants, plus ou moins sérieusement blessés. C’était une formidable manière de mettre en application ses connaissances, de se responsabiliser, d’avoir envie d’être toujours à la hauteur. Pour Jean-Marie, comme pour tous ceux qui y ont exercé leur vocation de soigner, les dimanches de garde à Colombes furent une étape bénie de formation… sur les terrains.

Passionné par le volley-ball

Passionné par son sport favori, le volley-ball qu’il avait continué à pratiquer, notamment l’été sur la plage du Pouliguen en Loire-Atlantique alors que mon terrain favori avait été des années auparavant la plage de Pornichet à quelques kilomètres de là, il fut également médecin fédéral de la Fédération française de volleyball (FFVB), fonction que j’avais occupée quelques années auparavant. Enfin, il fut médecin de l’équipe de France A de volley-ball en 1994 et 1995 et de celle du Paris Université Club (PUC) en 1996 et 1997 et là nous ne fûmes pas vraiment du même côté du filet puisque c’est en tant que joueur que j’avais “collaboré” – quelques années auparavant – avec ces deux formations. Partout, et en toutes occasions, Jean-Marie laissa le souvenir d’un praticien compétent, mais aussi “accessible et pas frimeur” comme me l’avait déclaré l’un de ses patients, volleyeur de très haut niveau.

Un nouvel essor pour la médecine du sport à Marseille

Après son époque parisienne, il envisagea de “descendre” dans le sud. Muni d’une recommandation de ma part, il prit un “rendez-vous exploratoire” avec Jean Duby, à cette époque consultant en médecine du sport à l’hôpital Ambroise Paré à Marseille et surtout, de 1985 à 1995, médecin de l’équipe de football de l’OM, vainqueur de la Coupe d’Europe en 1993. Et Jean Duby conseilla à Jean-Marie de venir à Marseille où la médecine du sport était quelque peu délaissée et avait besoin qu’on lui donne un véritable essor. Et ce fut Jean-Marie Coudreuse qui se chargea de relever le défi et y parvint magnifiquement. Sa carrière à l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) en restera la plus belle des preuves.
Il participa au développement du service de médecine physique et réadaptation (MPR) de l’hôpital Sainte- Marguerite et deviendra par la suite, avec Alain Delarque et Jean-Michel Viton, l’un des trois responsables du pôle hospitalo-universitaire de MPR – médecine du sport des Hôpitaux Sud Salvator. Spécifiquement en charge de l’unité de médecine du sport destinée aux sportifs de loisir ou de haut niveau, Jean-Marie assurera les soins et le suivi de très nombreux sportifs de tous niveaux et de toutes disciplines sportives. C’est au sein de cette unité qu’il obtint une incontestable audience nationale et internationale.
Enfin, travailleur infatigable, pour parfaire ses connaissances, il prépara un diplôme d’étude approfondie (DEA) de sciences et mouvement humain à la Faculté des sports d’Aix- Marseille Université (AMU). En juillet 1999, il présenta son travail consacré aux « Troubles de la commande neuromusculaire dans les lésions du ligament croisé antéro-externe opérées par ligamentoplastie ».

Participation au congrès FIMS 2016 à Ljubljana (Slovénie).

Transmettre ses connaissances

Très pédagogue, alliant une grande expérience et un excellent contact, Jean-Marie Coudreuse ne ménagea jamais sa peine pour transmettre ses connaissances et faire partager ses idées aux étudiants en médecine, à ses confrères généralistes et spécialistes, mais aussi aux kinésithérapeutes et faire bénéficier les uns et les autres de sa compétence en médecine et traumatologie du sport ainsi qu’en médecine physique et réadaptation, mais aussi pour ne pas toujours rester sur des acquis, mais être à l’écoute des autres.
Avec Alain Delarque et Jean-Michel Viton, il assurera la responsabilité de la formation des médecins de la Capacité de médecine et biologie du sport de l’Université Aix-Marseille. Ce fut l’une de ses plus fortes préoccupations que de contribuer à donner, puis à maintenir un haut niveau de formation aux médecins qui suivaient cet enseignement.
En 1998, il créa et organisa à l’hôpital de la Timone « Les rencontres de traumatologie du sport de Marseille » auquel il sut donner un grand retentissement en réunissant, sur les bancs – et parfois les marches – d’un grand amphithéâtre de la faculté, médecins et kinésithérapeutes.
Avec la complicité de son fidèle ami François Graziani, kinésithérapeute et professeur de culture physique, Jean- Marie a également assuré à Marseille la coordination de l’enseignement des kinésithérapeutes du sport sous la direction de Jean-Michel Viton.
En créant, les « Ateliers de traumatologie du sport », il fit encore une fois oeuvre de pionnier en réunissant dans une même salle médecins généralistes, kinésithérapeutes et pharmaciens, unis dans une même préoccupation de soins aux patients.

Des communications de haut niveau

Sa notoriété s’était affirmée par ses présentations lors des nombreux congrès, colloques et entretiens auxquels il participait en chaque occasion, non pas en touriste ou en golfeur, mais pour y présenter des communications scientifiques de haut niveau qui lui avaient permis d’acquérir une grande réputation. Ce fut le cas notamment lors des « Entretiens de médecine physique et de rééducation (EMPR) de Montpellier », de la « Journée de traumatologie du sport de la Pitié-Salpêtrière » à la Maison de la Chimie dont, en 2020, lors de la 38e édition, il devait être un des orateurs-phare en donnant une conférence d’enseignement sur le thème : « De la difficulté des indications en traumatologie du sport », du congrès de l’Association des chercheurs en activités physiques et sportives (ACAPS), d’un rendez-vous pratique en médecine du sport : « Les premiers échanges pratiques en médecine du sport » (EPMS). En chaque occasion, l’objectif était de proposer des solutions pratiques, utilisables au quotidien par les médecins généralistes et les spécialistes impliqués dans la médecine du sport, mais également de sensibiliser et d’informer sur l’évolution des connaissances médicales dans le domaine de l’activité physique et du sport.

De nombreux articles dans des revues médicales et livres de référence

Jean-Marie Coudreuse a également publié des articles dans de nombreuses revues médicales : l’organe officiel de la SOFMER : Les annales de réadaptation et de médecine physique, l’organe officiel de la SFTS : le Journal de traumatologie du sport, l’organe officiel de la SFMES : Sciences et sports, la revue de l’ACAPS : Science et motricité devenue en 2010 : Movement & sports sciences – Science & motricité, The Journal of sports medicine and physical fitness, les Annals of physical and medical medicine, Médecins du sport dont il fut également l’un des membres les plus actifs du comité de rédaction presque depuis sa création, le Journal des maladies vasculaires, Sport Med’, BioResearch Open Access… Dans toutes ces publications scientifiques, il développa des notions importantes sur ses sujets favoris : l’épaule du sportif, les lésions partielles du LCA, la rééducation des syndromes fémoro-patellaires, les entorses de cheville, les lésions musculaires, les syndromes de loge. Il publia également de remarquables études sur l’isocinétisme, l’analyse de la posture et du mouvement…
Il excella aussi, parfois avec d’autres collègues, à rédiger des chapitres d’ouvrage dans des livres de référence comme « Médecine du sport pour le praticien » dès la première édition publiée en 1994 sous la direction de Hughes Monod, Jacques Rodineau et Richard Amoretti et dont le succès appela jusqu’à six éditions successives auxquelles Jean-Marie accepta toujours de participer avec enthousiasme ainsi que dans : « L’imagerie en traumatologie du sport » dont il fut, en outre, un des éditeurs (au sens anglo-saxon du mot) avec Nicolas Sans, Anne Lhoste-Trouilloud, Michel Cohen, Henri Guerini et Yves Catonné. L’intérêt et l’attractivité des sites Internet n’échappèrent pas non plus à Jean-Marie Coudreuse qui fut notamment le créateur et le responsable du site « La médecine du sport ».

Et maintenant ? Maintenant, il s’agit de trouver un successeur au Docteur Jean-Marie Coudreuse. Un homme qui ne se paye pas de mots, mais qui regarde dans la même direction et qui travaille avec le même dévouement et la même passion.

Hommages

J’ai appris à connaître Jean-Marie Coudreuse dans le cadre du comité de rédaction de Médecins du sport ; bien que n’étant pas présent lors de la fondation du journal, il nous rejoignit très vite et, depuis près de 20 ans, il était devenu un collaborateur incontournable tant par sa joie, son humour et sa productivité sans limites. Nous pouvions ainsi échanger nos expériences de terrain, dans lesquelles Jean-Marie avait fait ses preuves. Non seulement, il était homme de terrain, mais surtout, il savait faire partager son expérience avec un réel talent de pédagogue ; il était donc l’archétype de notre revue qui se veut être celles des hommes de terrain qui partagent avec les plus jeunes. Ce compagnonnage était l’une de ses qualités princeps. Pour toutes ses raisons, ne plus t’avoir à nos côtés laissera un “vide”, et tu nous manques déjà. Salut l’ami.
Dr Didier Rousseau,
Rédacteur en chef de Médecins du sport

Comme tous les médecins du sport qui ont connu, en tant que jeunes joueurs, l’ambiance des clubs, des stades, des vestiaires et des déplacements, Jean-Marie était blagueur et moqueur. Mais c’était vraiment le roi des taquins, le champion du monde des chambreurs, l’empereur planétaire des charrieurs qui jouait de la goguenardise comme d’un sport de précision. Pour ses proches, impossible d’échapper à ses piques malicieuses. Comme si l’espièglerie était un passage nécessaire pour échanger en toute complicité et en parfaite confiance. Jean-Marie était très fier de sa maison située dans un quartier excentré de Marseille, au fond d’une longue impasse, en bordure des collines. Et lorsque je suis allé le voir chez lui fin octobre, à l’occasion d’une visite qui allait être la dernière, il faisait nuit noire et j’ai eu du mal à retrouver l’accès à son domicile. J’ai dû appeler Jean-Marie à deux reprises pour avoir des précisions sur la route à suivre et ne pas me perdre. Au deuxième appel, j’ai entendu une voix lasse me donner un diagnostic très précis : « Tu as encore oublié de prendre ton Tanakan… ». Adieu Jean-Marie, ton humour et tes taquineries vont nous manquer tous les jours.
Dr Jacques Pruvost

J’ai vu tous vos hommages à Jean-Marie, quoi rajouter de plus sur ce consensus absolu sur la qualité médicale du médecin, l’humanisme de l’homme, sa bienveillance à l’égard de tout son entourage ? Il me revient néanmoins une petite anecdote alors que nous étions en congrès aux USA, côte à côte lors d’un exposé en anglais, présenté par un Japonais. Jean-Marie se tourne alors vers moi et me dit « Je ne comprends rien, je vais prendre un café » (ce n’était pas une bête en anglais). Ayant un coup de mou, je décide de le rejoindre lorsque, à ma grande surprise, l’Américain qui se trouvait à côté de nous me dit « It’s not understanding, I come with you », ça nous a rassuré bien sûr sur nos qualités linguistiques et nous sommes donc partis tous les trois, avons séché la séance de l’après-midi et parlé à bâtons rompus jusque tard le soir. C’est ce que j’aimais chez Jean-Marie, cette capacité à s’extraire d’une thématique donnée pour rebondir sur des sujets les plus éclectiques. Je ne dresserais donc pas l’inventaire de toutes ses qualités, c’était tout simplement mon ami.
Dr Olivier Fichez

Je connaissais Jean-Marie depuis plus de 20 ans ; nous avons travaillé ensemble sur plusieurs sujets, dont la fameuse entorse de cheville. Nous avons été aussi à différents congrès ensemble dont le dernier à l’étranger remonte à 2016 à Ljubljana pour la FIMS. Je perds un véritable ami qui était impliqué comme nous dans la médecine du sport qui nous permet de suivre aussi bien le sport santé que le sport de haut niveau. Je sais qu’il était un grand partisan de la réunification des deux sociétés de médecine du sport (SFMES et SFTS). Je poursuis ce travail et si nous y arrivons, nous lui dédicacerons cette fusion réussie je l’espère lors de notre prochain congrès commun qui aura lieu à Paris en septembre 2021. Nous lui rendrons à nouveau un hommage à cette occasion. Il restera à jamais gravé dans ma mémoire comme un ami qui avait une vision de la médecine du sport que je partageais avec lui.
Dr Alain Frey

J’avais eu l’occasion de rencontrer plus personnellement Jean-Marie à l’occasion du congrès de la FIMS à Ljubljana en octobre 2016, puis au congrès de l’EFSMA à Cascais en novembre 2017. Jean-Marie était un confrère qui avait une grande connaissance de notre métier, avec des convictions fortes. Il avait de grandes qualités humaines. Sa compagnie était toujours agréable, d’un naturel souriant et optimiste. C’est le souvenir que je vais garder.
Dr Sébastien Le Garrec

Jean-Marie, nous nous sommes croisés à plusieurs soirées EPU et, dès le début, j’ai senti que le lien du sport était bien présent. Nos échanges ont tout de suite été en phase et je crois pouvoir dire que notre collaboration a été appréciée. En tout cas moi, elle m’a enrichie et je regrette de ne plus pouvoir apprendre de ton expérience et de ton savoir exceptionnel sur la médecine du sport. Merci également pour ton grand sourire.
Flo Masnada, double médaillée olympique en ski alpin

Je connais Jean-Marie depuis 30 ans. Nous étions “jeunes” médecins du sport dans le service médical du Racing Club de France au stade de Colombes. Nous nous y sommes côtoyés et appréciés de nombreuses années. Puis il est parti à Marseille et nous avons continué à correspondre, nous voyant de temps en temps sur des congrès, EPU et aux réunions de rédaction de Médecins du sport, avec le même plaisir. Il aimait taquiner, mais jamais méchamment, et sa récompense c’était de nous voir sourire ou rire comme des carabins. Il était “mon” correspondant à Marseille et a toujours su prendre en charge les sportifs de haut niveau, mais aussi les plus anonymes, que je lui adressais. Je le savais malade depuis plusieurs mois mais, avec sa pudeur et son humour, il ne montrait rien. Nous perdons un confrère passionné dans le vrai sens du terme, qui fait partie de la confrérie. Je perds un ami malicieux et qui aimait la vie.
Dr Philippe Le Van

Jean-Marie, un fond de force tranquille mêlée de professionnalisme et saupoudrée d’amitié, de bonté et d’écoute. Une recette que nous avons partagée pendant ces longues années du comité de rédaction et à diffuser aux plus jeunes. Merci Jean-Marie de m’avoir permis de pouvoir donner le cours hormones et sports dans ma ville natale : Marseille.
Dr Paule Nathan

C’était un super copain qui a toujours été super gentil et bienveillant avec moi et donc je suppose avec tous ses collègues. Je ne l’ai jamais entendu dire du mal de qui que ce soit, cherchant au contraire à voir le meilleur en chacun de nous. Mais ce dont je m’aperçois surtout aujourd’hui c’est qu’à aucun moment il ne cherchait à se mettre en avant… Ce qui est plutôt rare chez les médecins. Il est resté d’une discrétion qui, au vu des circonstances, devient presque agaçante. Enfin, si j’ai décidé d’adresser ce petit mot, c’est parce que j’ai eu au téléphone un copain médecin actuellement médecin de l’AS Monaco qui est passé dans son service dans le cadre de sa spécialité de médecin du sport. En dehors de sa tristesse à l’annonce de son décès, il m’a parlé d’un stage inoubliable qui lui a permis d’apprendre son métier. Jean-Marie c’est un peu ça : une compétence, une gentillesse et une bienveillance permanentes cachées derrière une discrétion peu banale dans le milieu médical.
Dr Patrick Middleton

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la disparition de notre ami Jean-Marie. C’était un des piliers de la revue et le responsable très actif du site la Médecine du sport. Toujours disponible pour trouver de nouvelles idées, demander à des experts d’y participer. C’était un grand plaisir de travailler avec lui. Curieux, compétent, il était d’une gentillesse exceptionnelle. On pouvait lui demander un avis, un conseil… Il y répondait immédiatement. Nous allons tellement le regretter ! Il va laisser un grand vide à ces si chaleureux comités de rédaction de Médecins du sport. Son sourire de gentleman irradiait nos conversations ! Jean-Marie tu nous manques !!!
Antoine Lolivier, directeur de la publication

Quelle mauvaise nouvelle. Nous perdons une très belle personne qui savait transmettre sa passion avec un sourire permanent.
Pr François Carré

C’est avec une infinie tristesse que j’ai appris le décès de Jean-Marie, inacceptable réalité, départ de l’un d’entre nous, dont l’engagement était total, moteur, d’une grande efficacité, savoir-faire et aimant le partage avec élégance et humour. Un départ injuste, je présente à ses enfants, son épouse et sa famille mes très sincères condoléances et mon soutien.
Dr Marie-France Oprendek

Bien triste nouvelle en effet. Nous l’apprécions tous et nous pensons tous à sa famille, ses proches, ses amis.
Dr Gérard Porte

Au rendez-vous des bons copains,
Y’avait pas souvent de lapins,
Quand l’un d’entre eux manquait à bord,
C’est qu’il était mort.
Oui, mais jamais, au grand jamais,
Son trou dans l’eau n’se refermait,
Cent ans après, coquin de sort !
Il manquait encore.
Dr Jacques Pruvost, d’après « Les copains d’abord », Georges Brassens

La pudeur nous empêche souvent de livrer tout ce que l’on ressent dans de telles circonstances… J’ai l’habitude de parler vrai et de m’exprimer avec le cœur, mais il est très difficile de dire avec des mots ce que le cœur ne comprend pas. Nous venons de perdre un ami, un professionnel de valeur, « un pince sans rire » comme on dit, dont la discrétion était une des principales qualités, avec qui nous avons partagé une partie du chemin depuis une vingtaine d’années. Jean-Marie, tu vas nous manquer… ou plutôt tu nous manques déjà ! Mes pensées les plus amicales et fraternelles vont à sa famille et à ses proches.
Dr Hervé Zakarian

Jean-Marie aura marqué les collaborateurs de MENARINI, ainsi que tous les professionnels de santé qu’il a côtoyés. Il m’avait été présenté par son mentor, Jacques Rodineau, qu’il admirait tant, lors d’un congrès de la Société française de la traumatologie du sport à Marseille, ville, qu’il venait de rejoindre en 1995 pour donner une nouvelle dimension à sa vie professionnelle et familiale. Nous avons partagé 25 ans de tranche de vie professionnelle, il était devenu un ami.
Jean-Marie illuminait les réunions scientifiques en France, comme l’international, les formations, les congrès, par sa bienveillance, sa joie de vivre, sa bonne humeur et son extrême gentillesse. Chacun recherchait sa présence et le respectait. Il ne s’arrêtait jamais, il avait une idée à la seconde, toujours partant et investi, pour transmettre son savoir si grand.
Très vite il devenu à nos yeux le nouveau pionnier de la traumatologie sportive, et le défenseur de l’examen clinique, c’était un magicien ; il était aussi passionné que passionnant. Il aimait aussi, en conférence, manier ses adages avec humour et dérision.
Nous avons partagé des grands rendez-vous médico-sportifs, en compagnie d’Alain Bernard, Jérémie Azou, Laure Manaudou, Thomas Coville, Laurent Tillie, Guy Forget, Carole Montillet, Stéphane Diagana, Florence Masnada, Alain Boghossian… et bien d’autres. Toujours avec humilité, Il était fou de joie comme un gamin émerveillé à l’idée de partager, d’échanger et d’apprendre de ces sportifs qu’il remettait sur pieds.
Son ambition était aussi de créer des échanges entre les différents spécialistes (chirurgiens, rhumatologues, radiologues, kinésithérapeutes) sur les aspects cliniques et diagnostiques pour une meilleure prise en charge des pathologies liées à la pratique sportive de haut niveau. Il avait d’ailleurs réussi à concrétiser un de ses rêves en créant en 1998, les Rencontres de Traumatologie du Sport à Marseille. Nous avons eu le bonheur de le compter depuis plus de 20 ans comme expert au sein du Comité de rédaction de la revue Médecins du Sport.
Sa disparition va terriblement manquer à la famille de la traumatologie et de la médecine du sport comme à tous ceux qui ont eu le bonheur de travailler avec lui. Il laisse derrière lui un grand vide qui ne sera jamais comblé ni jamais remplacé. Nous sommes accablés de tristesse nous avons un tendre pensée pour sa famille qu’il chérissait, sa femme Sandra et ses enfants Mathis, Eva et Lou.
Laurence Ducrot, responsable communication

Quelques photos de moments partagés en congrès, en réunions

L’European Congress of Sports Medicine en Slovénie.

Lors d’une journée de Traumatologie à Paris en duo avec un de ses nombreux copains, médecin du sport, Christophe Baudot.

Une soirée scientifique à l’Insep, avec Laure Manaudou, nous étions fiers de le compter parmi nous et de le remercier pour sa fidélité à nos grands rendez-vous médico sportifs.

Son ami joueur et entraineur en équipe de France Volley, Laurent Tillie avec qui il est parti comme médecin d’équipe.

Un point commun avec Alain Boghossian, l’OM.

Avec Stéphane Diagana en 2019.