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Epitrochléite : Comment j’infiltre ?

Dr Jacques Parier (Clinique des Mausssins, Paris)

Le traitement de la pathologie des épitrochléens et des épicondyliens du coude est sujet à controverse.

QUAND INFILTRER ?

Pour certains, et cela est particulièrement valable pour l’épicondylite, les infiltrations n’ont aucune utilité puisqu’il existe fréquemment une récidive et qu’il s’agit d’une maladie qui, habituellement, guérit spontanément dans un délai de 12 à 18 mois. Si les études sont moins nombreuses sur l’épitrochléite, compte tenu d’une fréquence bien moindre, certains préconisent la même attitude.

Parfois, cependant, il peut être utile d’effectuer localement une infiltration lorsque l’on se trouve en présence d’une épitrochléite très douloureuse, chronique, que les différents diagnostics différentiels (syndrome articulaire, syndrome neurologique, entorse du LLI…) ont été éliminés et que les modes thérapeutiques sont différés.

 

COMMENT INFILTRER ?

Si la décision d’effectuer une infiltration est prise, on utilise un produit cortisoné habituellement à action retard. On associe un anesthésique local. On pratique des perforations répétées du tendon commun avec une aiguille de gros calibre (0,8 mm) à partir du même trou d’entrée cutanée. Le but est “d’agresser” volontairement le tendon, de le faire saigner localement pour faciliter la cicatrisation secondaire.

L’accès à la face interne du coude n’est pas très facile pour un sujet en décubitus dorsal. Pour avoir un accès plus aisé, il est intéressant de placer le sujet en décubitus ventral, bras en rotation interne derrière le dos, la main étant coincée au niveau de l’aine. Ainsi, le thérapeute a un accès pratique et peut effectuer l’injection sans difficulté (Fig. 1).

En dehors des conditions d’asepsie habituelles, il faut sans doute être vigilant sur la possibilité d’un nerf cubital instable qui, lors de ce mouvement, peut prendre la corde et donc gêner l’injection. Si c’est le cas, une décharge électrique mal vécue par le patient vous rappelle à l’ordre. Dans cette hypothèse, il suffit de repousser le nerf et d’allonger davantage le bras, moyennant quoi les risques d’embrochage du nerf cubital sont alors tout à fait minimes.

Dans les suites de l’injection, un simple pansement, sans compression, puis secondairement, l’apprentissage de mouvements d’étirements systématiques des épitrochléens, est conseillé. Un contrôle technique est effectué entre le 10e et le 20e jour avec, entre temps, un repos relatif et des étirements plusieurs fois par jour. En fonction de l’examen, on peut effectuer une 2e injection au bout de 3 semaines dans les mêmes conditions.

Figure 1 – Pour faciliter l’accès à la face interne du coude, le sujet doit être placé en décubitus ventral.