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Une étude d’intérêt

Dr Jacques Le Coz (Paris)

Traitement de 22 cas de tendinites du coude, rebelles aux traitements classiques, par injection de plasma riche en plaquettes (PRP)

Cette étude qui s’est déroulée sur 22 mois consistait à traiter des épicondylites (19) et des tendinopathies tricipitales rebelles (3) soit 22 coudes évoluant en moyenne depuis plus de sept mois et ayant échoué à, au moins, deux traitements classiques. Tous les patients avaient eu précédemment des AINS par voie buccale sauf un qui présentait une contre-indication. Plus de la moitié avait subi des infiltrations de corticoïdes ou présentait une contreindication (tendinopathie tricipitale) et plusieurs d’entres eux s’étaient vus proposer une intervention chirurgicale. Dans cette étude, la cotation moyenne sur l’échelle visuelle de la douleur dans la vie courante était supérieure à 5,50. 2 ml de PRP obtenus après centrifugation dans des tubes spéciaux contenant un gel séparateur et 0.8 ml de citrate de sodium sont injectés dans le tendon grâce à une aiguille de 6 mm de longueur à raison de 0,2 ml par point. Aucune anesthésie locale n’a été réalisée (technique décrite par le Dr A. Mishra).

Tous les patients subissent une première série d’injections et le bilan est fait en moyenne à J38. Aucune rééducation n’est associée mais le patient ne doit pas pendant 3 semaines reproduire le mouvement qui lui fait mal.

L’évaluation est faite sur les tests isométriques et sur l’échelle visuelle analogique évaluée dans la vie courante et la vie sportive.

Environ la moitié des patients ont obtenu un “Bon” ou “Très Bon” résultat dès la première séance. Dans neuf cas, il a fallu faire une seconde séance et dans trois cas, une troisième, pour obtenir un bilan global de 86 % de “Bons” et “Très Bons” résultats. Un recul de neuf mois minimum et de 22 mois maximum n’a pas montré de rechute mais, au contraire, une potentialisation des résultats : trois patients cotés “Bon” sont passés dans la cotation “Très Bon”.

Dans cette étude, comme en mésothérapie classique, les injections faites avec une aiguille de 6 mm ne nécessitent pas, dans cette localisation, l’apport d’échographie ou de radiographie pour être réalisées, et peuvent se faire dans un cabinet de consultation sans aménagement particulier.

Les résultats peuvent être considérés comme très encourageants. Aucun effet secondaire n’a été signalé si ce n’est la douleur lors des injections. Depuis la fin de cette étude, les nouveaux cas traités subissent, dans un premier temps avant la prise de sang, une anesthésie avec 0,5 cc de xylocaine à 2 % pour éviter les douleurs à l’injection, celle-ci n’est faite que 20 minutes plus tard pour ne pas diluer le PRP.

Le matériel de mésothérapie comportant une aiguille de 6 mm ou 13 mm ne permet de traiter que les tendons superficiels (rotuliens, achilléens, épicondyliens, épithrochléens ou ligaments latéraux de la cheville et du genou), mais permet une intervention sans risque au cabinet.

Nous avons fait des prélèvements sanguins pour doser les plaquettes dans le sang total du patient puis les avons redosées après centrifugation dans les 4 cc de plasma que permet d’obtenir notre kit, puis dans les 2 cc de la couche supérieure, dans les 2 cc de la couche inférieure. Nous avons constaté que pour obtenir 3,5 fois plus de plaquettes que la normale il fallait être au plus prêt du gel thirotropique après avoir précocieusement inversé le tube à une dizaine de reprise.