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Cas clinique : La médecine du sport de haut niveau n’exonère pas de réflexes “internistes”

Dr Olivier Fichez (Médecin du sport, centre de rhumatologie Le Saint-Louis, Saint-Raphaël)

Historique

M. Thibaut S., âgé de 18 ans, est stagiaire professionnel d’un des meilleurs clubs de D1 de football.
Depuis le début de la saison, il se plaint de lombalgies mécaniques traitées initialement de manière ésotérique par les nombreux “ostéonouilles” qui gravitent autour des clubs professionnels.

Surprise ! Rien ne l’améliore, la situation se dégradant même avec l’apparition d’une composante nocturne calmée néanmoins par les AINS.
La situation devient difficile vis-à-vis du staff technique et du futur de sa carrière. Il nous est donc adressé en consultation : l’interrogatoire confirme cette nette évolution clinique entre une douleur initialement tolérable et cette composante actuellement nocturne invalidante.

Imagerie

Plusieurs examens d’imagerie sont réalisés : radiographie, TDM, scintigraphie et IRM (Fig. 1-5).
• Une radiographie, effectuée en juillet 2004, est sans particularité. Elle ne met pas en évidence de spondylolisthésis ni de lyse isthmique ou d’argument en faveur d’une fracture de fatigue (Fig. 1).
• La TDM met en évidence une petite lacune arrondie au niveau de l’apophyse articulaire supérieure gauche de S1, avec, par ailleurs, de petites calcifications intratumorales (Fig. 2, 3).
• La scintigraphie, effectuée le 29 juillet 2004, confirme une hyperfixation au temps précoce et au temps tardif du côté gauche (Fig. 4).
• L’IRM du 4 août 2004 montre une zone de souffrance médullaire avec hypersignal T2, rehaussée en séquence FIR objectivant par ailleurs l’image lacunaire (Fig. 5). Toute l’imagerie a été expédiée par e-mail au Pr Laredo, à Paris, qui a confirmé notre diagnostic d’ostéome ostéoïde et récuse un geste radioguidé compte tenu de la proximité neurologique.

Figure 1 – La radiographie est sans particularité.

Figure 2 – La TDM montre une petite lacune arrondie au niveau de l’apophyse articulaire supérieure gauche de S1, et de petites calcifications intratumorales.

Figure 3 – Calcifications en TDM articulaire supérieure.

Figure 4 – La scintigraphie confirme une hyperfixation au temps précoce et au temps tardif du côté gauche.

Figure 5 – L’IRM montre une zone de souffrance médullaire avec hypersignal T2, rehaussée en séquence FIR objectivant par ailleurs l’image lacunaire.

Diagnostic

Nous prenons une décision chirurgicale et le patient est opéré en neurochirurgie, confirmant le diagnostic d’ostéome ostéoïde.

L’examen anatomo-pathologique du Pr Figarella-Branger retrouve des lamelles osseuses hyperplasiques, et surtout l’existence d’un nidus constitué par des zones d’ostéogenèse anarchiques richement vascularisées. La substance est bordée d’ostéoblastes réguliers.

La reprise sportive se fait en décembre sans aucune douleur et la reprise du football en janvier, avec entorse de la cheville au 3e match mais cela est un autre problème.